samedi 27 juin 2009

Journal télévisé du 27 juin 2009

Présenté par Steven Playmobil AKA L'Homme aux cheveux gélifiés


Bonjour à tous et à toutes,

Je suis ravi d'être avec vous pour présenter le premier JT de Canal Prya. Sans plus attendre, passons aux informations!


Victoire de Mac Dollard aux élections présidentielles




Mardi 23 juin, en fin d'après-midi, les résultats de l'élection présidentielle tombent. Sans surprise, c'est Mac Dollard qui l'emporte et a donc la possibilité d'enchaîner un deuxième mandat à la suite de celui qu'il avait début en février 2009. Les résultats sont sans appel avec une large victoire de 66,66% au détriment de Stan Camelinni qui obtient 33.34%. Cette élection a donc livré un résultat identique au scrutin de février dernier qui avait vu les deux mêmes candidats s'affronter pour obtenir un résultat identique. Stan Camelinni n'aura pas la revanche qu'il avait déclaré vouloir.

Si, de prime abord, il pourrait être inquiétant de constater qu'en quatre mois, rien n'a changé, en termes de candidats et de résultats, il ne faut pas négliger le fait qu'on peut voir dans une telle opposition un retour vers les valeurs passées de Prya, après plus d'une année de tentative de démocratie participative.
Il ne faut pas oublier, en effet, que durant plus de deux ans, de 2005 à 2007, la politique pryanne s'est illustrée par un perpétuel affrontement aux élections présidentielles de différents candidats tous appartenant soit à l'ADP, soit au MLP. Ainsi, les pryans ne sont guère surpris par la lutte entre Messieurs Dollard et Camelinni, tout deux dirigeants de ces deux partis. Il est toutefois non négligeable de noter que, pour la seconde fois seulement depuis 2005, c'est le candidat de l'ADP qui se retrouve dans l'opposition.

La campagne électorale, cependant, n'a pas eu la vivacité d'antan. Mis à part un débat chez nos confrères de PryaTwo, il n'y a eu aucun meeting et presque aucune prise de parole public. Certaines mauvaises langues n'ont pas tardé à brocarder cela en arguant qu'au vu de leur programme, les deux candidats ne pouvaient se permettre de discourir pendant des heures. Néanmoins, il convient de noter que Stan Camelinni a proposé, à nouveau, des idées novatrices qui, si elles n'ont pas fait l'unanimité, auront au moins eu le mérite de lancer un débat sur des questions inédites à Prya, alors que Mac Dollard, de son côté, restait plus classique dans son programme.

Trois heures après l'annonce de la victoire de Mac Dollard, Stan Camelinni a félicité son adversaire et a déclaré "[qu'il s'] engage à le rendre le plus mouvementé et intéressant possible".



Nomination d'un gouvernement restreint

Alors que Mac Dollard s'était illustré lors de son premier mandat en ne nommant aucun gouvernement pour le seconder, fait unique dans toute l'histoire moderne de Prya, il a changé de position durant la campagne électorale.

Beaucoup d'observateurs y voient la volonté pour Mac Dollard de dynamiser sa politique et de développer de nouveaux projets. Pour d'autres, la cause serait peut-êter dû à un épuisement hérité de son premier mandat. Devoir gérer seul l'EcoDémocratie de Prya l'aurait mis à genoux et la nomination d'un gouvernement était indispensable pour lui permettre d'assurer la Présidence. Selon toute vraisemblance, la cause pourrait être, en grande partie, le fait que Prya ait connu une phase d'immigration depuis les élections de février, ce qui permettrait de disposer d'un choix plus vaste de candidats susceptibles de devenir Ministres.

Néanmoins, le Président Dollard a trouvé le moyen de surprendre les spécialistes de la politique pryanne lors de l'annonce de la nomination de son premier gouvernement.

Tout d'abord, il s'agit d'un gouvernement très restreint, ne comptant que deux membres, ce qui n'est guère étonnant pour un Président qui a dirigé Prya seul pendant quatre mois.

Par contre, le choix des personnes est bien plus surprenant.

En premier lieu, le fait que le Président Dollard ait choisi comme Premier Ministre et Ministre des Affaires Etrangères Monsieur Agosto-Velaz, un relativement nouveau citoyen, présent depuis le 21 février dernier. Ce n'est pas la première fois qu'un jeune citoyen est nommé à un poste aussi prestigieux, mais il est toutefois intéressant de se demander ce qui a motivé le choix de Monsieur Agosto-Velaz. Pour l'heure, l'hypothèse la plus vraisemblable est que, le Président Dollard souhaitant donner une nouvelle jeunesse à son parti, le MLP, il cherche à s'attacher la sympathie de divers nouvelles personnalités de la scène politique pryanne. Quoiqu'il en soit, Monsieur Agosto-Velaz s'est de suite mis au travail en recensant l'ensemble des relations diplomatiques pryannes et en nommant deux nouveaux ambassadeurs, l'un au Royaume de Sverige, l'autre en Norduryyk.

La seconde personnalité qui forme le gouvernement n'est autre que Max Morton, nommé Ministre de l'Education et de la Recherche et Ministre de la Culture. Max Morton est loin d'être un inconnu de la politique pryanne, puisque durant de nombreuses années, il occupa divers postes ministériels, étant notamment Premier Ministre du Président Mo-Lee en décembre 2003 jusqu'à être Président de l'EcoDémocratie d'avril à juin 2008. C'est donc un grand coup politique que fait Mac Dollard en s'attachant les services d'une si illustre personnalité politique. Mais il est toutefois tout aussi intéressant de se pencher sur la question de cette nomination. Pendant plusieurs mois, Max Morton avait annoncé s'être retiré de la vie publique pryanne, préférant voyager à travers le Micromonde. Cependant, quelques jours après un timide retour public à Prya, Mac Dollard a trouvé le moyen de le nommer dans son gouvernement. On peut se demander comment le Président réélu à réussi à convaincre son ex-homologue de sortir de sa retraite.

A noter que Mac Dollard a également officiellement annoncé qu'il prendrait lui-même la charge des Ministères de l'Economie et des Sports.


En bref

- Les débats reviennent en force sur la place publique. Ces derniers jours, plusieurs pryans se sont verbalement affrontés sur des sujets aussi variés que la mise en place d'un Wiki, sur les nominations présidentielles ou sur les appels d'offre.

- Des tensions sont apparues entre certains Pryans et Drako Walo Wimsberg, IP de la CSH, en visite à Prya. A l'origine du problème, un oubli du Ministère des Affaires Etrangères qui aurait négligé les relations diplomatiques avec la CSH. Il faut espérer que la situation se résolvera rapidement, Prya et la CSH ayant longtemps été des alliés historiques.


Culture pryanne
Par Pierre-Jean Focce, cuisinier à l'Hôtel de la Baie

Chaque pryan connaît la recette des poulpes farcies à la purée de coeur de palmier. Aujourd'hui, on en trouve partout, le meilleur comme le pire. Pour vous montrer le pire, j'ai acheté un de ces plats cuisinés au supermarché du coin. C'est de la merde! De la merde! Regardez-moi ça là, c'est même pas un poulpe entier! Juste des bouts de poulpe minuscule avec de la purée de coeur de palmier à côté! De la merde en plus cette purée!

Pour que chacun sache ce qu'est la vraie recette de poulpe farcie à la purée de coeur de palmier, je vais vous montrer comment faire!
Tout d'abord, il vous faut un vrai bon poulpe bien frais:



On trouve les meilleurs poulpes sur le marché de Zantavia. Les pêcheurs Zantaves en ramènent chaque jour, donc n'hésitez pas à aller vous approvisionner là-bas.

De même, on trouve les meilleurs coeurs de palmier à Siango, proche des palmeraies de la Cocoil. Tant que vous êtes là-bas, n'hésitez pas à acheter de l'huile de noix de coco, ce sera utile pour la recette. Mais faîtes attention de bien choisir de l'huile alimentaire et non celle utilisée comme carburant.

Pour commencer, vous devez vider le poulpe. Il faut faire ça avec amour, c'est une brave bête le poulpe! L'intérieur est un peu visqueux, mais ne vous en faîtes, plus c'est visqueux, meilleur c'est! Surtout, conservez bien l'encre du poulpe, cela donne un goût supplémentaire au plat.

Pour la purée de coeur de palmier, rien de plus facile, vous les écrasez en n'hésitant pas à verser une bonne quantité d'huile de noix de coco. Il ne vous reste plus qu'à mettre la purée de coeur de palmier à l'intérieur du poulpe vidée, en guise de garniture.

Une demi-heure au four, thermostat 7 et vous avez un vrai bon poulpe à la purée de coeur de palmier!


Grille des programmes du 27 juin au 2 juillet

Grille des programmes de Canal Prya
Samedi 27
Dimanche 28
Lundi 29
Mardi 30
Mercredi 1er
Jeudi 2










































19h: JT

19h: JT

19h: JT


20h: "La Pas Très
Incroyable Histoire
de Benjamin
Boutondemanchette"
Film tout public

20h: Emission politique:
"Bourrepif"
"Analyse de la politique
Dollard"

20h: "Survie"
Second épisode






0h: Le plombier lubrique
Film classé X





vendredi 26 juin 2009

(Peine) Kpitale: L'arnaque des émissions économiques



Aujourd'hui, sur Canal Prya, la première du magazine économique de la chaîne: (Peine) Kpitale

Présenté par Steven Playmobil
AKA L'homme aux cheveux en plastique

"Bonjour à tous et à toutes,

Je suis ravi de vous accueillir pour le premier numéro du magazine consacré à l'économie de la chaîne Canal Prya. Chaque semaine, nous essayerons de vous présenter les dernières nouvelles de l'économie pryanne, mais aussi de vous mettre en garde contre les pièges de l'économie et toutes les arnaques qui foisonnent en ce moment. Nous sommes à votre service et nous essayerons de tout faire pour vous guider dans ce domaine difficile qu'est l'économie.

Je tiens également à vous faire connaître le concept de l'émission. Nous sommes en direct et pour garder un oeil neuf sur les sujets de chaque semaine, il faut que vous sachiez que je ne suis pas au courant des thèmes qui seront abordés durant chaque émission. C'est un choix éditorial que nous avons, j'espère que cela vous plaira.

Quoiqu'il en soit, tout comme vous, je découvre en ce moment même le thème qui sera abordé dans l'émission d'aujourd'hui. Il s'agit donc...Hum...Euh...De l'arnaque des émissions économiques...Voilà un thème...audacieux pour la première d'une émission économique...

Donc, on me passe mes fiches....Notre premier invité est donc Silvio Berluscono Korleone...Un économiste spécialisé dans les émissions économiques".

Un petit homme trapu arrive sur le plateau. Il a le regard fuyant. Les caméramens chargés de le filmer se frottent les yeux. Apparemment, ils ont été légèrement aveuglés par le reflet des spots sur la dizaine de bagouzes, gourmettes et autres chaînes en or massif, portés par l'économiste.

"- Ravi de vous avoir sur ce plateau, Monsieur Korleone.
- De même!
- Si je ne me trompe pas, vous souhaitez apporter votre témoignage sur ce que vous considérez comme une arnaque. Vous êtes ce qu'on appelle un repenti.
- Tout à fait. Je me suis retiré du business des émissions économiques.
- Pourquoi?
- J'ai eu un retour de conscience. Il faut savoir que nous autres économistes, nous sommes de fieffés salopards et je n'ai pas pu continuer dans cette voie. Je m'effrayais moi-même, ma famille s'éloignait de moi.
- Attendez, attendez...Evoquons les sujets un à un...Quel est votre avis sur votre profession?
- Hé bien, pour être clair, nous les économistes, nous sommes des menteurs. En gros, nous n'y connaissons rien à l'économie. Pour reprendre un adage célèbre, on commente le passé en n'ayant aucune idée de ce qu'il se passera dans le futur.
- Comment cela?
- En temps de crise, par exemple, on ne sait que jacasser sur les raisons de la crise, mais, en aucun cas, on ne sait comment ça se terminera. Bref, on ment tout le temps pour nous faire de l'argent. Bien sûr, on essaye également de garder une certaine image de notre profession, alors qu'on sait très bien que n'importe quel enfant serait capable de faire la même chose que nous.
- Et cela vous a écarté de votre famille?
- En effet, ils ont peur de moi. Je crois que ça a commencé quand j'ai dit à ma femme que la raison de la crise d'adolescence de notre famille venait du krach boursier des valeurs du merlan frit en Kaourasie de l'Est. Maintenant, ils refusent de me parler. Ils me disent que je suis un gros con...
- Je vois...Voilà qui est bien triste...Pour éclairer votre témoignage, nous vous proposons un reportage réalisé en caméra caché".

1...2...3
Le reportage démarre.
Les images défilent, commentés par la voix off du journaliste.

"Pour étudier le phénomène de ces économistes qui s'invitent sur les plateaux des émissions économiques, nous avons pris rendez-vous chez l'un des plus célèbres d'entre eux. Nous nous sommes fait passer pour des rédacteurs d'une émission à la recherche d'intervention de spécialistes.

Nous entrons dans le hall de l'immeuble où cet économiste possède son cabinet. Le luxe règne ici. Sur le bureau de la réception, au lieu du traditionnel bocal de friandises, on offre des pierres précieuses, saphirs et autres émeraudes.

Notre rendez-vous commence:

- Bonjour, nous aimerions trouver un économiste pour faire des interventions dans une émission qu'on réalise.
- Bien sûr, je peux me déplacer. Alors, voyons voir ce que je peux vous proposer...
- Vous ne voulez pas savoir quand l'émission aura lieu?
- Mes disponibilités dépendront du forfait que vous choisirez...Alors, pour 300P§, j'ai le forfait "Cette crise repose sur des éléments conjoncturels"...Un peu plus cher, je peux vous proposer, pour 1000P§, le forfait "C'est de la faute du gouvernement"...Sinon, pour nos meilleurs clients, nous avons l'offre "Le pire de la crise est derrière nous, l'économie devrait se relever vers 2010", mais cela coûte quand même 2500P§.
- Euuuuh...

Ne sachant plus quoi dire, nous quittons le cabinet précipitamment, promettant de les recontacter".

Le reportage s'arrête et l'image revient sur un Steven Playmobil, visiblement très effrayé.

"Je crois que nous allons devoir rendre l'antenne".

L'image passe sur une autre caméra. On peut voir Jack Attaly, un autre célèbre économiste, en train de rouer de coups Silvio Berluscono Korleone tout en criant "Tu as rompu le code! Tu as trahi!"

jeudi 25 juin 2009

Survie, premier épisode


EN EXCLUSIVITE CE SOIR, LE PREMIER EPISODE DE LA MINI-SERIE "SURVIE"!
Retrouvez dès la semaine prochaine la suite de votre série "Survie" sur Canal Prya




Nous informons nos téléspectateurs que certaines scènes du programme qui suit peuvent s'avérer choquantes pour un public jeune et non averti.




Dans une ville inconnue, d'un pays inconnu, le jeune homme marche dans les rues. Il rentre de l'université où il a encore passé une journée comme les autres, à être invisible aux yeux de tous. Il n'est personne, un visage commun dans la multitude des étudiants de l'université. Aujourd'hui, il n'a parlé à personne et personne ne s'est adressé à lui. Il s'est habitué à cette solitude qui est devenue sa compagne et qu'il commence à apprécier. Cela lui fut difficile au début de n'être rien, mais, maintenant, c'est devenu négligeable. Ce n'est pas qu'il n'a pas d'amis, il en a; c'est juste que ses amis, il ne les voit pas tous les jours, ne faisant pas les mêmes études que lui. Selon lui, être sociable et se faire de nouveaux amis est une perte de temps et d'énergie. L'amitié est éphémère, seul ce qu'il fait compte et dure. C'est pourquoi il ne parle à personne et que personne ne lui parle. Il ne trouve que des avantages dans cet abandon de l'interaction sociale.

Le jeune homme, après sa journée à étudier, rentre chez lui. Il habite toujours chez ses parents. Pourquoi déménager alors que le cocon familial, si sécurisant, n'est qu'à quelques lignes de bus de l'université. Et puis, il n'est pas dupe: s'il quittait sa famille pour prendre un appartement, il se retrouverait définitivement seul, sans contact avec le reste du genre humain. Il a beau apprécier la solitude, il est tout de même conscient que s'il passait des jours sans parler à quiconque, il deviendrait fou.

Fou, c'est ce que ce monde est, d'ailleurs.

Alors qu'il marche dans les avenues pour rentrer chez lui, le jeune homme ne peut s'empêcher de regarder le monde qu'il entoure. Des gens courent partout, cherchant à gagner du temps qu'ils n'ont pas. Le monde a tellement évolué que désormais, il y a plus de choses à faire en une journée que le temps ne le permet. Satanée technologie qui éloigne l'Homme des choses de la Nature. Auparavant, les gens prenaient le temps de faire les choses, de cultiver la terre et, tout simplement, de vivre. Aujourd'hui, les ordinateurs, la télévision, les téléphones ont rendu tout ça obsolète. Tout va plus vite et le jeune homme le déplore. Il regrette les temps passés, c'est certain.

Le monde est devenu totalement fou, c'est certain.

Le parcours du jeune homme le fait passer devant un magasin qui diffuse les informations du moment. D'habitude, il ne s'arrête pas et continue son chemin, mais, cette fois-ci, son attention est retenue. La crise entre deux pays qu'il ne connaît pas a atteint son paroxysme. Toujours la même histoire à propos de ressources d'énergie. Damné pétrole, tout le monde en veut plus qu'il y en a. Ce n'est pas la première fois que des pays s'affrontent à propos de l'or noir. Mais, aujourd'hui, les tensions quant à la possession du pétrole se font de plus en plus violentes. Le jeune homme est certain que ces deux pays penseront n'avoir d'autres choix que de se lancer dans une guerre. Tout cela pour ce liquide noir et devenu si précieux à cause de la modernisation du monde. Le jeune homme ne peut s'empêcher de penser, encore une fois, que le passé avait des vertus non négligeables.

- Hé, gamin, si tu veux regarder, faut payer!

On lui parle, il ne veut pas répondre. Las de ses élucubrations sur le monde, le jeune homme reprend son chemin. La maison familiale, ce havre de paix et de tranquillité est proche, il y sera bientôt et pourra se mettre à l'écart de la folie du monde. Il rentre, il respire enfin après cette apnée d'une journée dans le monde extérieur. Ses parents sont là, à l'attendre. Une nouvelle fois, ils veulent lui parler, savoir comment a été sa journée, ce qu'il a fait et s'il a eu de bonnes notes. Le jeune homme leur marmonne quelques réponses concises. "Bien", "Oui", "Non" constitue la majeure partie de ses réponses. Ce n'est pas qu'il ne veut pas parler à ses parents. Ce sont les seules personnes dont il supporte plus ou moins la conversation. Après tout, ce sont ses géniteurs, il leur doit donc de garder un contact avec eux. Mais parler pendant des heures avec eux, de tout et de rien, du temps et de la politique, ça, il ne le veut pas. Cela risque de l'épuiser et, dans un monde fou, celui qui est épuisé est celui qui tombe en premier. Ses parents n'essayent pas d'en demander davantage, ils connaissent leur fils et savent qu'ils n'obtiendront rien de plus. Tout ce qu'il espèrent, c'est qu'un jour, ils pourront discuter avec leur fils, le connaître et en être fiers. Ils mangent en silence, si ce n'est quelques paroles qui n'amènent aucune réponse.

Le jeune homme va se coucher. Encore un nouveau combat pour lui. Cela fait des mois qu'il dort mal. Il ne peut s'empêcher de penser à la perte qui l'afflige et qui l'a coupé du monde. Se tournant et se retournant dans son lit, il ne trouve pas le sommeil. Il pense et réfléchit. Il sait qu'il se ment à lui-même en se mettant à l'écart des gens. Autrefois, il avait eu un ami très proche. Mais cet ami est mort. Par sa faute. Quel idiot le jeune homme avait été, son seul vrai ami était mort par sa faute. Cela avait tout changé en lui. Pourquoi se faire des amis si on n'arrive pas à les garder? Pire, si on cause leur mort? Mais le jeune homme est aussi bouleversé par l'idée qui le ronge chaque nuit: que vivre seul ne vaut pas la peine de vivre. Sa vie n'a aucun sens s'il ne la partage pas. A quoi bon vivre, se dit-il? Chaque nuit, dans ce tumulte des pensées qui précède le fragile sommeil qui finira par le gagner, il pense à la mort, à sa mort. Chaque fois, il repousse cette idée. Mais, cette fois-ci, il a bien réfléchi, il est déterminé. Demain, il mettra un terme à sa propre vie.

Cette résolution l'apaise. Il est en paix avec lui-même. Pour la première fois depuis des mois, il s'endort paisiblement, plongeant dans un sommeil profond.

La même nuit, l'un des pays belligérants de la crise pétrolière actuelle lance une bombe sur l'autre pays.



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C'est le froid mordant qui réveille le jeune homme. Il ne comprend pas. Certes, c'est l'hiver, mais, pourtant, la maison est chauffée. Les yeux mi-clos, il s'aperçoit que le jour est déjà levé. Diable, il doit être tard pour que le soleil darde déjà ses faibles rayons hivernaux. Le jeune homme comprend rapidement que son réveil n'a pas fonctionné et qu'il sera en retard à l'université. En fait, il se rend compte que son réveil n'a pas fonctionné, parce qu'il est éteint. Bizarre, une panne de courant donc. Cependant, cela n'émeut pas plus que cela le jeune homme. Il a pris sa décision la nuit précédente et ce jour sera celui où il s'ôtera la vie. Il n'a pas encore réfléchi à comment il allait faire. Il a toute la journée pour cela. Tout ce dont il est sûr et certain, c'est que son suicide aura lieu lors de son retour de l'université.

Le cœur tranquille, il se dirige vers la salle de bains pour prendre une douche, l'eau est froide. Encore une conséquence de cette panne de courant. Il trouve cela de plus en plus bizarre. S'il y a eu une coupure de courant, ses parents auraient dû remettre les plombs. Soit la panne de courant a eu lieu alors qu'ils étaient déjà partis, soit ça ne venait pas de la maison. Mais, après tout, il s'en moque: ce soir, ces considérations n'auront plus aucune utilité pour lui.

Il descend dans la cuisine. Il a faim. La panne de courant doit être général, ses parents étant bien là, autour de la table de la cuisine, attablé devant leur petit déjeuner. Ils sont immobiles, leur peau a une étrange teinte grisâtre. Pendant un dixième de seconde, le jeune homme pense qu'ils sont endormis, mais il comprend bien vite que ce n'est pas le cas. Leurs corps affaissés, le regard blanchâtre de sa mère qui se tient sur la chaise en face de lui ne trompent pas. Ils sont morts. Le jeune homme sent maintenant. Il n'avait pas fait attention jusque là. Déjà, l'odeur de la mort et du pourrissement de ses parents emplit la cuisine. Interdit, il reste là à les contempler, ne sachant que penser, que ressentir. Triste, il l'est, c'est sûr, mais, il ressent également du soulagement. Ce soir, quand il mourra, il saura qu'il ne laisse personne derrière lui. Ses parents ne perdront pas leur raison à chercher pourquoi leur unique enfant s'est suicidé, à se torturer pour savoir ce qu'ils ont fait de mal dans l'éducation de leur fils. Oui, le jeune homme est soulagé et reste là, assis à la table de la cuisine, pendant des heures, à contempler la mort en face.
...
...
Le silence
...
...
C'est le silence qui, paradoxalement, sort le jeune homme de ses pensées. Jusque là, il n'avait pas fait attention à ce silence. D'habitude, la cuisine est assaillie par les bruits de l'extérieur. La maison se trouve sur une avenue très passante, amenant son lot de nuisances sonores, des gens qui crient aux bruits des voitures, en passant par la musique des autoradios. Néanmoins, il n'entend plus rien. Au dehors, à part des pleurs étouffés, il n'entend rien. Le silence.

Le jeune homme sort de chez lui. Dehors, c'est la désolation, le vide. Au milieu de la route, des voitures abandonnées. Il s'approche. Elles ne sont pas abandonnées, car, dans chacune, se trouve le corps sans vie de ses occupants. La mort a frappé partout. Des pleurs de bébé surprennent le jeune homme. Il court vers la source de ce bruit. Une poussette se trouve sur le trottoir, non loin de là. C'est le bébé à l'intérieur de l'engin qui vagit de toutes ses forces. Accroché à la poussette, se trouve le corps d'une femme. Elle aussi est morte, laissant son bébé seul. Le jeune homme ne sait que faire. Il est maintenant sorti de la torpeur qui avait suivi la découverte du corps de ses parents et mille sensations l'assaillent. Partout, il voit les corps de dizaines de personnes. Morts, ils sont tous morts et il peut le sentir. Mais il voit également des enfants courir partout, en pleurs. Où sont leurs parents? Morts, sûrement, comme les siens. Aucun adulte à l'horizon. Le jeune homme doit être le plus vieux des enfants et adolescents qu'il croise. Il n'a que vingt ans, mais il est sûrement le plus vieux de tous.

Hagard, le jeune homme parcourt les rues et se rend compte du chaos qui règne. De chaque maison, il croit entendre les pleurs d'un enfant abandonné par ses parents. A chaque coin de rue, il voit des adolescentes courir, les larmes aux yeux, espérant fuir la mort de leurs proches. Mais la mort n'a épargné personne. Tous sont tombés. Au bord de l'évanouissement, le jeune homme se réfugie dans un ruelle obscure, au calme. Il n'est sûr que d'une chose: quelque chose a tué tous les adultes. Il ne sait pas quoi ou qui a fait cela, mais le fait est que c'est bien réel. Il ne sait pas quoi faire. Il est toujours aussi seul et divague sur ses possibilités. Bizarrement, le suicide ne lui vient plus à l'esprit. Au contraire, la mort qui règne a éloigné cette idée de son esprit. Il doit faire quelque chose. Il se lève, il va aller retrouver ses amis. Cette idée, il l'aurait trouvé, au mieux, saugrenue hier; au pire, suicidaire. Il n'a pas revu ses amis depuis la mort de son meilleur ami. Il sait qu'ils ne veulent plus le revoir, mais il ne sait pas quoi faire. Peut-être qu'eux sauront.

Le jeune homme se lève, prêt à quitter la ruelle, avec, en tête, la volonté de réaliser sa nouvelle résolution. Mais quelque chose, au fond de la sombre ruelle, l'intrigue. C'est une voiture de police. Mû par un élan qu'il ne saurait pas expliqué, il se dirige vers elle à toute vitesse. Les policiers sont bien morts, eux aussi. Le jeune homme se trouve stupide. Même s'ils avaient survécu, qu'auraient pu faire deux hommes face à la situation dans laquelle toute la ville se trouvait? Néanmoins, tout n'est pas perdu. Avisant une brique qui traîne au sol, il éclate une vitrine en morceaux. Il sait qu'il risque d'avoir besoin d'une arme. La chance a voulu qu'il trouve une voiture de police. C'est la première fois qu'il touche une arme à feu, mais il n'a pas le temps de réellement y réfléchir. Rapidement, il attrape les armes des deux policiers morts et les range dans ses poches. Il est sur le point de repartir quand il se dit qu'il ferait mieux de regarder le coffre de la voiture. Il a raison de le faire. A l'intérieur, un sac, dans lequel il range une des deux armes qu'il a trouvé. Il fonce vers la portière passager et ouvre la boîte à gants qu'il avait aussi oublié de vérifier. A l'intérieur, une boîte de munitions. Il est paré, il va pouvoir y aller.

La maison la plus proche d'un de ses anciens amis n'est pas loin. Au pas de course, il se dirige vers elle, totalement insensible aux malheurs du monde qu'il croise. Désormais, il ne fait plus attention à ses bambins abandonnés à leur sort, qui, dans deux jours, au maximum, seront morts. Il ne fait plus attention à tout ceux qui pleurent en pleine rue. Il ne fait pas non plus attention aux pillages qui ont déjà commencé, orchestrés par les survivants les plus âgés. Il court vers son but et, stupidement, il fonce, dès lors, dans un piège.

C'est la douleur qui sort le jeune homme de son autisme de coureur. Il était proche du domicile de son ami quand quelqu'un l'avait frappé. Il est à terre, mais il n'a pas perdu conscience. Autour de lui, cinq jeunes, d'une quinzaine d'années, l'entourent.

- Donne ton fric, connard!

Le monde s'est écroulé et ils veulent de l'argent qui n'a plus aucune valeur.
- T'as de la bouffe, enfoiré?!?

Non, il a complètement oublié d'en prendre.
- Putain, tu sers à rien, merdeux!

Ils ne prennent même pas le temps de le fouiller et commencent à le rouer de coups. Il essaye tant bien que mal de se protéger de la nuée de coups qu'on lui adresse, mais sa résistance faiblit très vite et les cinq jeunes arrivent maintenant facilement à l'atteindre. La douleur irradie les côtes du jeune homme. Les pieds des gamins le frappent pendant plusieurs dizaines de secondes. Il encaisse, mais ne résistera pas très longtemps à ce rythme. Il voudrait analyser ses possibilités, mais son cerveau primaire, celui qui dicte aux hommes les réflexes de survie, prend le dessus. Sa main plonge dans sa poche et saisit l'arme du policier. Lentement, il sort l'arme et vise son assaillant le plus proche. Le coup de feu part et le gamin s'écroule, une balle en pleine tête.

Aujourd'hui, c'était la première fois qu'il touchait une arme.
Aujourd'hui, c'était la première fois qu'il tuait quelqu'un.
Demain, il en tuera d'autres.

Canal Prya


Canal Prya, c'est ça!