EN EXCLUSIVITE CE SOIR, LE SECOND EPISODE DE LA MINI-SERIE "SURVIE"!
Retrouvez dès la semaine prochaine la suite de votre série "Survie" sur Canal Prya

Nous informons nos téléspectateurs que certaines scènes du programme qui suit peuvent s'avérer choquantes pour un public jeune et non averti.

Résumé de l'épisode précédent:
Une terrible catastrophe a frappé une ville qui a vu tout ses habitants de plus de vingt ans mourir en une nuit. Un jeune homme est le témoin de cette catastrophe incompréhensible. Il erre dans les rues de sa ville, à la recherche de ses proches. Malheureusement, durant son parcours, il tombe entre les griffes d'un groupe d'adolescents agressifs qui semblent avoir décidé que seule la violence valait la peine dans ce nouvel ordre. Sur le point de s'évanouir sous les coups, le jeune homme n'a qu'un réflexe de survie: celui d'abattre un de ses assaillants.
Le jeune homme baigne dans une mare de sang, où se mélange le sien et celui de sa victime. Il veut crier, il veut pleurer toutes les larmes de son corps, mais il n'y arrive pas, il est trop choqué par ce qu'il vient de faire. Dans un ultime effort, il arrive à se dresser sur ses bras , mais son estomac, retourné comme jamais, le trahit et il vomit sur le trottoir, avant de s'évanouir.
Le jeune homme, plongé dans une sorte de sommeil comateux, rêvait. En fait, de rêve, il s'agissait plutôt d'un cauchemar. Il revoyait ses parents à la table de la cuisine de la maison familiale, comme tous les jours depuis maintenant vingt ans à ce détail près qu'ils étaient morts. Il se revoyait courant dans les rues de sa ville, l'air hagard, le regard vide. Et il revoyait également cette scène où il se faisait battre à mort jusqu'à ce que son doigt presse la gâchette de son arme et que s'écroule, sans vie, l'un de ses agresseurs. Les têtes de ses agresseurs tournaient autour de lui, éclatant de grands rires sadiques, bientôt remplacés par une dizaine de reproductions de sa propre tête qui flottaient elles aussi, le visage tuméfié et le regard empli de toutes les flammes de l'Enfer.
Une main timide le secoue. Petit à petit, il sort de sa léthargie. La peur au ventre, il regarde tout autour de lui, certain qu'il s'agit d'un nouvel agresseur qui en veut à sa vie et à ses maigres possessions. Mais non, il n'y a personne. Sûrement que les quelques personnes qui sont passées par là ont dû détaler comme des lapins quand ils ont vu l'horreur de la scène. Le jeune homme entend des gazouillis. Il y a bien quelqu'un en fait: un nourrisson, d'environ un an. Ce doit être lui qui l'a secoué, ce qu'il a pris pour une main timide n'était que le résultat de la faible force d'un enfant aussi jeune. Le nourrisson, lui, est bien trop jeune pour saisir l'horreur de la situation et c'est avec une joie non dissimulée qu'il patauge dans la mare de sang qui tâche le trottoir. Le jeune homme le saisit par la peau du cou juste au moment où le bébé allait, semble-t-il, approcher sa bouche de la mare, sûrement pour s'abreuver du goût du sang. Il est tenté de laisser ce monstre assoifé de sang un peu plus loin, mais il réalise rapidement que ce qu'il prend pour un geste horrible est tout simplement normal: le bébé n'a pas dû boire depuis la veille, il voit un liquide et, logiquement, veut s'en abreuver.
Le jeune homme a décidé qu'il était temps de quitter ce lieu d'horreur et de reprendre sa route. Il hésite sur la marche à suivre avec le bambin et se demande s'il doit le laisser là. Cependant, une foule de remords l'envahisse, il vient de tuer un garçon d'une balle en pleine tête, il ne peut pas laisser l'enfant là, livré à une mort certaine.. D'un geste sec, il le prend et le tient au creux de son bras gauche. Encore sous le choc, il ne se rend pas compte du poids de l'enfant qui l'aurait épuisé, en temps normal, en quelques minutes.
La maison de son ami est toute proche, il le sait et se remet à marcher de vive allure, malgré la charge supplémentaire que représente l'enfant. Les rues sont bien plus calmes que le matin même. Les nourrissons ont compris que pleurer toutes les larmes de leurs corps ne suffira plus à amener l'attention d'un adulte sur eux. Mais, surtout, c'est la chaleur étouffante, très inhabituelle pour un mois de février qui a dû cloîtré chez eux la plupart des personnes. Le jeune homme avance lentement, il se sent épuisé et, surtout, il doit fréquemment enjamber les corps de dizaines de personnes qui jonchent le trottoir. Beaucoup de ces personnes sont visiblement mortes sur place, lorsque la catastrophe a frappé, mais il lui apparaît clairement aussi que des corps ont été jetés par les portes et les fenêtres des demeures qui bordent les rues. Les vivants ont déjà commencé à se débarasser des morts.
Le jeune homme, portant toujours le bambin, est arrivé devant chez son ami. Frénétiquement, il tambourine sur la porte. La peur qu'il avait de revoir ses amis et qui l'habitait encore le matin même a maintenant totalement disparu, l'urgence de la situation l'ayant vidé de ce genre de sentiments handicapants. Il voit un rideau se soulever et quelqu'un le fixait, il ne le reconnaît pas. Quelques secondes plus tard, la porte s'ouvre et en surgissent trois hommes, visiblement furieux, qui lui sautent dessus. Essayant tant bien que mal de protéger l'enfant qu'il tient, il tombe à terre, tandis que la lame effilée d'un couteau se retrouve bien vite appuyée sur sa gorge.
"Mat, putain, arrête, c'est moi, Jean!" crie le jeune homme. Sa première pensée est que ses amis ne lui pardonnent pas ce qui est arrivé à son meilleur ami et veulent le faire payer pour être responsable de sa mort. Mais, il chasse cette idée et comprend de suite pourquoi ils réagissent ainsi. Ils ne l'ont pas reconnu et, pour cause, son visage et ses habits sont recouverts du sang de l'adolescent qu'il a abattu et du sien qui a coulé par ses plaies. Au lieu de le reconnaître, ses amis n'ont vu en lui qu'une forme sanguinolente.
"Mat! Pierre! C'est moi, Jean!" crie-t-il à nouveau aux deux amis qu'il a reconnu. Petit à petit, l'étreinte qu'ils exerçaient sur lui se relâche, le couteau sous sa gorge s'éloigne. Malgré le sang qui cache son visage, ils l'ont reconnu. Ils sont maintenant debouts, autour de lui. Jean sait que c'est le moment de vérité, il se demande s'ils vont l'aider ou l'abandonner pour le faire payer de ses erreurs. Une main charitable est tendu vers lui, il la saisit et s'en aide pour se relever. L'un d'eux, avec ce qu'il semble être de l'émotion, le serre brièvement dans ses bras.
- Merde, Jean, tu nous as fait peur! On a failli te tuer!
- Faut pas faire ça, mec, arriver plein de sang chez les gens...Allez, entre...
Jean est soulagé. S'il avait craint être mal accueilli, ce n'était pas le cas. Lentement, il suivit ses amis à l'intérieur de la maison. Ou plutôt de ce qui fut une maison et qui n'est plus qu'un joyeux capharnaüm. Plus d'une dizaine de sacs remplis de vêtements et de provisions encombrent l'entrée. Des bruissements de conversation, des cris, des pleurs et des bruits de course lui parviennent de tous les recoins de la maison. Il est difficile de trouver de la place, ne serait-ce que pour avancer, tellement la maison est remplie de monde. Finalement, les trois personnes qui lui avaient réservé l'accueil spécial dont il a eu droit et lui arrivent dans la cuisine, qui forme visiblement un havre de paix dans cette maison.
"On a interdit aux enfants de venir dans la cuisine. Ils pourraient chiper de la nourriture et, au moins, ça nous fait un endroit au calme" lui dit Mathieu, alias Mat, le propriétaire de la maison, tout en lui tendant un linge mouillé que Jean prend avec gratitude. Il commence à se nettoyer grossièrement le visage, alors que Mat continue à parler: "Ils sont tous venus ici, je ne sais pas pourquoi. C'est la maison la plus grande et il y a une piscine, mais maintenant, avec toi et ton gosse, on est presque vingt, ça commence à faire beaucoup. On est tous allés chercher nos petits cousins ou nos neveux, c'est pour ça que ça gueule là-haut.". Jean hoche la tête: effectivement, vingt personnes dans une maison avec seulement trois chambres, c'est beaucoup.
Après plusieurs minutes où il se frotte frénétiquement le visage, Jean peut enfin s'asseoir sur une chaise. En plus des trois premiers qui l'ont accueilli, d'autres personnes sont entrées. Il y a Mathieu, le propriétaire et accessoirement un grand échalas maigrelet qui fait des études de droit. A côté de lui, se trouve Pierre, celui que Jean avait reconnu quand il le maintenait à terre, et qui ressemble à un lutain bouffi avec son mètre 60 et ses 85 kilos. Le troisième du comité de réception n'est autre que Simon que Jean ne connaît que de loin (Et pour cause, c'est un géant) et qui fait des études d'ingénieur. Pêle-même, parmi les nouveaux arrivants dans la cuisine, il reconnaît Aurélie, la soeur aînée de Mathieu, qui, les dieux sont loués, est une interne en médecine qui ne s'embarasse pas des présentations et se jettent sur lui pour soigner ses blessures. Il y a également Kévin et Vincent, deux autres amis qu'il n'a pas revu depuis près de trois ans.
Ils ont visiblement tous envie de savoir pour quelles raisons Jean est arrivé dans cet état. Succintement, il leur explique, essayant de rassembler tout ses souvenirs pour leur faire un récit complet jusqu'au grandiose final:
- C'est là que j'ai sorti mon flingue et que je lui ai tiré dessus...
- T'as un flingue?!?
Sans un mot de plus, Jean sort le premier pistole qu'il a utilisé tout à l'heure et qui est recouvert de sang et le pose sur la table. Lentement, il prend ensuite son sac et en extirpe la deuxième arme qu'il a trouvé dans la voiture de police. Tout aussi silencieusement, Mathieu et Simon prennent chacun une des armes et les enfournent dans leur poche.
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Quelques jours ont passé depuis l'arrivée de Jean dans la maison. Depuis la perte de ses deux pistolets, il a essayé de se faire le plus petit possible et de se rendre utile. Il a bien compris que le fait que Mathieu et Simon lui prennent ses armes sans lui laisser le choix avait pour but de lui faire comprendre qu'il ne dirigeait rien en cette maison et que les mâles dominants n'étaient autre que Mathieu et Simon. Jean n'avait pas essayé de résister, il savait qu'il n'était pas de taille. Et puis, il avait un autre problème, de bien plus grande importance. En effet, il avait été décidé dans la maison que la distribution de nourriture se ferait en fonction de l'apport initial qu'on avait fait. Comme Jean, ainsi que le garçonnet qu'il avait ramené et qu'il avait prénommé Robert, comme son père, était arrivé dans la maison avec aucune vivre, ils étaient toujours les derniers à recevoir leurs rations. Robert n'avait que quelques miettes de légumes à se mettre sous la dent, tandis que Jean, s'il avait eu le droit à quelques morceaux de viande les premiers jours, puisqu'il fallait manger tout ce qui était périssable, faute d'électricité, n'avait maintenant plus le droit qu'à trois ou quatre pommes de terre par repas. La conséquence de ces privations se firent rapidement sentir: Jean était continuellement épuisé, même s'il continuait à effectuer ses tâches à l'intérieur de la maison comme Mathieu et Simon l'obligeaient, alors que Robert, le pauvre enfant, passait la majeure partie de son temps à dormir.
Outre la nourriture, l'eau posait également problème. Mathieu possédait bien une piscine dans le jardin de la maison, mais il avait été décidé qu'elle ne servirait qu'à être bu. Simon, lui, avait déclaré qu'en raison de ses études d'ingénieur, il lui serait très facile de fabriquer un alambic pour purifier l'eau qu'ils trouveraient. Après plus d'une journée de bricolage dans la cave de la maison avec tous les récipients en verre qu'il avait pu trouver, il ne livra qu'une très pâle copie d'alambic qui, s'il fonctionnait, ne produisait qu'une eau saumâtré, proprement imbuvable. La conséquence de ce rationnement de l'eau était qu'en plus d'une semaine, aucun d'entre eux ne s'était lavé et qu'une réelle puanteur s'élevait de la maison qui était très largement accrue par la présence dans la maison d'une dizaine d'enfants, dont les plus jeunes étaient rarement changés, tandis que les autres avaient pris l'habitude de faire leurs besoins un peu partout. Il n'était pas rare, alors que Jean travaille dans le jardin qu'il marche sur une déjection humaine, laissée là par un de ces pouilleux de garnement. Aurélie, la soeur de Mathieu, en tant que seule fille de plus de douze ans de la maison, avait été d'office chargée de s'occuper des enfants, tâche qu'elle avait bien vite abandonnée devant l'impossibilité de canaliser l'énergie d'une telle bande qui était obligée de rester confinée à l'intérieur de la maison. Le seul et unique avantage, en matière de salubrité de la maison, est que personne n'y était mort, les parents de Mathieu et d'Aurélie n'étant pas en ville quand la catastrophe était survenue.
Deux autres personnes les avaient rejoint. Il s'agit d'Henri et de Charles, deux frères qui étaient les cousins d'environ 18 et 17 ans d'Aurélie et de Mathieu. Après Aurélie, Jean était le plus âgé de la maison, mais ce n'était pas le plus important. En effet, Henri et Charles venaient d'une autre ville que la leur et étaient venus ici puisqu'Aurélie et Mathieu étaient la seule famille qu'ils leur restaient. Leur arrivée leur permit de savoir une chose: que ce n'était pas seulement leur ville qui avait vu tous les adultes être décimés, mais l'ensemble des villes. Henri et Charles avaient marché pendant plus d'une trentaine de kilomètres et, durant ce trajet, le constat était partout pareil: tous les adultes étaient morts.
Jean était conscient de la précarité de sa situation. Il était considéré comme un sous-fifre à l'intérieur de la maison et il était bien conscient que si la situation perdurait, la faim et la soif l'auraient tué au bout d'une ou deux semaines de plus à ce régime. Néanmoins, une chose le consolait, avec l'arrivée d'Henri et de Charles, le total des occupants de la maison était de 23. Malgré le strict rationnement en place, les provisions de nourriture diminuaient à vue d'oeil. Ce n'était plus qu'une question de jours avant que toutes les provisions aient été mangées. C'est pourquoi Mathieu et Simon, les dirigeants auto-proclamés de la maison, convoquèrent tous les adultes, ou plutôt tout ceux qui étaient considérés maintenant comme des adultes, c'est-à-dire tout ceux ayant plus de douze ans, à une réunion. C'est ainsi que se réunirent, dans la cuisine, treize personnes de Gaëlle, 13 ans, à Aurélie, 20 ans.
- La situation est grave. Nous sommes trop nombreux et nous n'aurons bientôt plus de nourriture, commença Mathieu
- Nous avons deux choix: soit on va trouver de la nourriture à l'extérieur, soit on vire certains d'entre vous, renchérit Simon
Jean ne se faisait pas d'illusion, il savait qu'il ferait partie des premiers exclus. Aurélie, elle, aut un hoquet de surprise, sachant très bien que parmi les autres victimes, se trouveraient tous les enfants n'étant pas de la famille de Mathieu ou de Simon. L'idée des deux dirigeants étaient clairs: les enfants étaient des bouches inutiles à nourrir, alors s'ils n'avaient aucun attachement envers eux, il n'y avait aucune raison de les garder. Tous les deux se préparaient à livrer bataille contre Mathieu et Simon contre leur idée d'exclure des habitants, mais il s'avéra que l'ensemble des autres habitants étaient de leur avis et qu'il fallait essayer de trouver de la nourriture supplémentaire avant de prendre des décisions extrèmes.
"Bien, il y a un supermarché pas loin. Simon, Pierre, Henri, Charles et Jean, prenez des sacs et une arme, on part tout de suite" conclut Mathieu.
Jean, heureux de la tournure des événements, se leva précipitamment et entreprit de préparer ses affaire. Quelques minutes plus tard, il avait un sac à dos, pour prendre des provisions, un couteau à la ceinture et aussi une masse rudimentaire, composée d'un bout de bois à l'extrémité duquel il avait essayé d'attacher le plus solidement possible une pierre. Tous les autres s'étaient équipés pareillement, avec des couteaux et même une vieille épée pour Charles. Ils étaient prêts à se battre, car, même s'ils n'étaient pas sûrs de devoir le faire, chacun d'eux avait entendu les cris qui perçaient chaque nuit, provenant des maisons qui étaient pillés par des bandes organisées.
En file indienne, avec Mathieu et Simon, pistolet au poing, en tête, le groupe se mit en route vers le supermarché voisin. Le parcours fut plus que pénible et épuisant. La chaleur était toujours aussi forte et était accentuée par le masque qu'ils étaient obligés de porter pour se protéger de l'odeur fétide et maintenant très forte des corps en décomposition. Il fallait enjamber des dizaines de corps, voire même rebrousser chemin quand une rue leur parut complètement impraticable, les gens ayant décidé d'y entasser les corps de leurs parents décédés.
Au bout d'une heure, ils avaient réussi à parcourir les trois kilomètres qui les séparaient du supermarché. Ils n'avaient pas fait un pas à découvert qu'une balle faucha Pierre, le clouant au sol. Il n'était pas mort, mais, tout de même, sérieusement blessé. Apparemment, le supermarché était occupé par une autre bande. Ils restèrent tous interdits, ne sachant que faire et attendant la prochaine salve, mais rien ne vint. Alors, comme des furies, le petit groupe se rua sur le supermarché.
Le premier des opposants à tomber était justement le tireur, caché dans un bosquet. Par chance, son arme semblait s'être enrayée, l'empêchant de tenir à distance le petit groupe. D'un mouvement presque naturel, Simon leva son arme et lui tira dessus, l'abattant de trois balles dans le ventre.
Jean assistait à la scène comme un zombie. Il voyait ses camarades truicider littéralement les occupants du supermarché qui avaient été surpris par leur attaque et purent opposer qu'une pitoyable résistance. Mathieu et Simon arrosait leurs adversaires d'une pluie de balles qui faucha plusieurs d'entre eux; Charles, avec son épée, semblait sorti tout droit du Moyen-Âge et donnait maints coups d'épée à droite et à gauche, blessant deux ou trois adversaires et en tuant même un, le décapitant à moitié; Henri, quant à lui, se précipitait sur les blessés pour les achever. De son côté, Jean, lui, restait caché derrière un arbre, il refusait de regarder ses amis, ses camarades se transformaient en monstres assoiffés de sang. Jamais il n'avait imaginé qu'un être humain puisse se transformer ainsi pour défendre sa vie.
L'affrontement ne dura pas plus de deux minutes. La victoire était éclatante. A part Pierre qui avait reçu une balle dès le début du combat et Henri qui avait reçu un coup de couteau dans la jambe de la part d'un blessé qu'il voulait achever, ils étaient tous indemnes. Sans attendre, le pillage commença. Visiblement, ce petit groupe s'était également livré au pillage chez d'autres personnes, parce qu'il y avait une quantité incroyable de provisions, bien plus qu'un supermarché ne contenait normalement et bien plus qu'ils ne pouvaient en porter. Jean, lui, était allé chercher Pierre. Il n'avait reçu qu'une balle dans l'épaule finalement et Jean s'employait à stopper l'hémorragie quand il remarqua que Mathieu le regardait fixement.
"Viens ici, Jean!" lui ordonna Mathieu! "J'ai vu que tu n'as pas participé au combat...T'es un putain de lâche!"
Jean ne savait pas quoi répondre. Il ne connaissait pas la réponse à cette question. Il était peut-être lâche, mais il avait été aussi complètement paralysé par la violence de ses amis.
"Tue le" lui dit Mathieu en lui tendant un couteau d'une main et en pointant un prisonnier encore vivant de l'autre. "On ne peut pas laisser de survivants!". Jean, encore une fois, était sous le choc, presque au bord des larmes. La semaine précédente, il avait dû tuer quelqu'un, mais ça avait été une question de vie ou de mort, soit lui, soit ses agresseurs.
"Tue le ou tu y passes aussi" lui répéta Mathieu en lui mettant le couteau dans la main.
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