jeudi 14 janvier 2010

"Tête-à-tête avec Tod": Ernesto Rowlaixe

Tête-à-tête avec Tod



Voix-off : Une émission présentée par Tod Ruffin
Tod Ruffin 483734


Bonjour à tous et bienvenue à l’occasion de cette émission exceptionnelle sur Canal Prya durant laquelle nous allons découvrir le propriétaire des lieux, j’ai nommé M. Ernesto Rowlaixe, je vous demande de l’accueillir.


Bonjour M. Rowlaixe.
Tod Ruffin 483735


Soyons sincères avec les téléspectateurs qui nous regardent, vous avez émis le souhait que je vous interview lors d’une émission spéciale. Pourquoi avoir effectuer une telle démarche ? Quelles sont vos volontés à organiser une interview ? Est-ce une simple volonté de communication afin de vous imposer dans le paysage audiovisuel et politique du pays ?


Canal Prya, à l'heure actuelle, est l'un des rares médias encore en place de nos jours à Prya, même s'il est encore dans une période de sommeil. Dès lors, avec l'approche de nouvelles élections, il me semblait légitime de commencer à discuter de la chose politique au sein de ma chaîne pour que les citoyens Pryans puissent pouvoir regarder des émissions présentant une vision critique de la scène politique au lieu des discours politiques, qui, souvent, ne reflètent qu'une réalité. Toutefois, il est clair qu'il y avait un problème et que j'aurais été taxé d'un manque d'objectivité si j'avais été interviewé par un journaliste que j'emploie. Cela n'aurait été qu'un exercice de communication et non pas une vraie interview. C'est pourquoi j'ai fait appel à vous, Monsieur Ruffin, qui êtes reconnu comme un des plus brillant journaliste Pryan. Dès lors, avec vous comme intervieweur, je serais traité comme n'importe quel autre homme politique, même si cette émission est diffusée sur ma chaîne et nous présenterons au Pryan une vision objective de mon programme pour l'ADP et pour la Province de Kaora.



Est-ce que cela veut dire que votre chaîne est prête à accueillir d'autres acteurs de la vie politique, qui n'aurait pas la même vision que vous ? Est-ce que cela pourrait être un engagement de votre part ?


Monsieur Ruffin, vous souvenez-vous de la discussion que nous avions eu après mon engagement en politique? J'avais déclaré qu'en aucun cas la politique de Canal Prya changerait et qu'elle ne deviendrait pas une chaîne pro-ADP. Jusqu'à preuve du contraire, à l'heure actuelle, Canal Prya reste une chaîne objective. De ce fait, si un responsable politique d'un autre bord que le mien souhaite s'exprimer sur Canal Prya, l'antenne est libre pour qu'il puisse s'exprimer.

D'ailleurs, Monsieur Ruffin, si vous souhaitez mener d'autres interviews pour Canal Prya, j'en serais plus que ravi.


Nous allons retracer votre parcours. Vous avez acquis la citoyenneté en juin 2009. Très rapidement, vous avez proposé des thèses presque toutes tournées sur notre Histoire. C’est une passion ? Est-ce que c’est une ambition pour vous de rentrer dans l’Histoire du pays ?


L'Histoire est effectivement ma passion, mais ce n'est pas seulement cela. Je considère comme très important d'apprendre les leçons du passé pour aller de l'avant et faire progresser Prya. Pour devenir un bon dirigeant, il faut impérativement connaître son passé.

Pour autant, il serait vaniteux de dire que je veux entrer dans l'Histoire de Prya. Si contribuer à Prya, proposer de nouvelles idées, voire les mettre en place, c'est rentrer dans l'Histoire, dans ce cas, je suis heureux de le faire, mais cela n'est nullement le but que je poursuis, qui est plutôt de faire de Prya un pays vivant et agréable à vivre.


Vous vous êtes également très vite investi dans le domaine médiatique avec Canal Prya. N’avez-vous pas peur qu’on vous reproche le dualisme : investissement dans le monde journalistique / médiatique et dans la politique ? Ne sont-ils pas incompatibles ? Vous nous avez expliqué que Canal Prya se voulait objective, mais ne pensez-vous pas tout de même que cela puisse conduire à de graves dérives ?


Je ne pense pas que ces deux fonctions sont totalement incompatibles. Il est vrai qu'une telle combinaison peut mener à des dérives qu'elles soient graves quand une chaîne est utilisée d'une manière propagandiste ou mineures quand une information est traitée avec un point de vue relativement subjectif de la part des journalistes qui, même s'ils n'ont reçu aucune consigne dans ce sens, essayent d'aller dans le sens de leurs dirigeants. Prya a plus ou moins connu ce cas il y a quelques années avec la Gazette de Kaora quand son rédacteur en chef était Fred Chopin qui avait donné un ton très pro-MLP à son journal.

Pour autant, je pense que cela n'arrivera pas à Canal Prya. Tout d'abord, comme je vous l'ai dit, j'ai toujours fait en sorte de maintenir une séparation stricte entre ma vie politique et ma vie médiatique. Ensuite, je rappelle que Canal Prya est avant tout une chaîne de divertissement, proposant des séries, des films et des jeux, tandis que les émissions politiques ont leur place sur l'antenne que de manière ponctuelle. Dès lors, même si je ne suis pas devin, je pense que jamais Canal Prya ne deviendra un objet de propagande de l'ADP.


D’une façon générale, quelles sont les ambitions de Canal Prya pour l’avenir ?


Le projet actuel de Canal Prya est une reprise progressive de son activité. Elle devrait arriver dans le courant du mois de janvier. Cela commencera par un retour de la série "Survie" et le lancement de nouveaux jeux.



Vous avez récemment affirmé que vous ne désiriez pas vous investir dans un groupe médiatique public. Pourquoi ? N’avez-vous pas peur que l’on suppose que vous voulez garder les commandes sur l’orientation de l’information ? D’un point de vue divertissement, pourquoi rechignez-vous à céder les droits de vos émissions au service public ?


Il ne s'agit pas d'une question d'orientation de l'information. Si vous vous souvenez bien de la discussion de l'époque, on m'avait clairement indiqué que, même si c'était un média public, j'aurais pu décider moi-même de la ligne éditoriale en matière de politique. De ce fait, si cela avait été mon unique but, je n'aurais eu aucune réticence à accepter cette proposition.

Quant à la question des divertissements, ce n'était pas vraiment une question de passer les droits de mes émissions au service public. Je n'aurais aucun problème à céder ces droits si une proposition m'était communiquée. Par contre, à l'époque, j'avais effectivement rechigné à travailler pour une chaîne publique pour une question de droits. En effet, on considère, en temps normal, que la production, même intellectuelle, d'un salarié appartient à l'entreprise. Je ne voulais pas que les droits de mes émissions appartiennent à une chaîne dont je n'étais pas le propriétaire et qui, dès lors, aurait pu faire ce qu'elle voulait de mes émissions. Néanmoins, ce n'est qu'un détail, il n'y a pas réellement de quoi polémiquer sur cette question.


Toujours en juin dernier, vous aviez pris les commandes de la Croix Verte que vous aviez fait avancer en la dotant d’une charte. Que retirez-vous de cette expérience humanitaire ?


Il est difficile de tirer des enseignements de mon expérience à la tête de la Croix Verte. A mon avis, j'y suis resté trop peu de temps pour émettre un jugement définitif.
Toutefois, je me souviens de deux choses: le sourire des rescapés du crash du vol d'Air Prya et aussi la frustration du manque de moyens accordés à la Croix Verte.


Justement, revenons sur ce triste épisode : A l’occasion de ce crash, la Croix Verte avait été fort active. Il était question d’une enquête effectuée par une Commission qui n’a jamais vu le jour. Comment expliquez-vous cet état de fait ? Demandez-vous aujourd’hui, qu’une commission soit créée afin de permettre une enquête sur le déroulement des opérations des secours et des raisons qui ont conduit à cette catastrophe ?


J'imagine que la cause de cette non-création de la Commission est une conséquence de ma disparition. Si j'avais été présent, je n'aurais pas abandonné cette enquête qui me semble vitale quant aux forces et faiblesses d'Air Prya, de la Croix Verte et de nombreuses entités Pryannes vieillissantes. C'est également un des symptômes des institutions actuellement en place à Prya qui vit dans l'instant et oublie trop vite le passé. Les projets à long terme, tout ce qui prend, en général, du temps, est très rarement mis en place.

Pour revenir à la Commission que j'avais proposé, il me semble vital, comme je l'ai dit, qu'elle soit mise en place. Au cas où elle ne voit pas le jour prochainement, je réitérais ma demande.


Avez-vous fait des erreurs lors de cette mission de sauvetage et plus généralement à la tête de la Croix Verte ?


Etant un des acteurs principaux de cette tragédie, je ne peux pas juger de ma propre action. Ce sera à la future Commission de la juger.


Est-ce que vous envisagez de reprendre les commandes de l’ONG ?


J'avoue ne pas y avoir pensé pour le moment. Il y a une maladie, malheureusement nécessaire, à Prya qui est le cumul des fonctions. La majorité des Pryans occupe deux, trois, quatre, voire encore plus d'emplois. S'il est faisable, pour certains, de remplir correctement chacun de ces emplois, j'avoue émettre des réserves me concernant. Je préfère me concentrer sur mes emplois actuels de directeur de Canal Prya et de Secrétaire Général de l'ADP, ainsi que, si les Kaorans m'accordent leur confiance, de Gouverneur de Kaora. Il me semble plus honnête de remplir à 100% deux ou trois fonctions que d'en cumuler cinq ou six et de ne se donner qu'à 50% pour chacune d'entre elles.
Néanmoins, il est important pour moi de voir la Croix Verte perdurer, se développer et se doter de vrais moyens pour agir. Si j'ai la chance d'en prendre à nouveau la tête, je me consacrerais totalement à l'achèvement de ces objectifs.



Durant cet été, vous avez disparu mystérieusement. Souhaitez-vous revenir sur cet épisode ? Que vous est-il arrivé ?


Tout cela est encore très douloureux pour moi. J'avoue essayer de mettre derrière moi ce tragique épisode de ma vie, plutôt que de le ressasser continuellement. Tout ce que je peux vous en dire, c'est ce que j'ai déjà évoqué: j'ai été enlevé par des forces inconnues, soumis à des tortures mentales et un lavage de cerveau, puis libéré.

En juillet, vous avez été l’éphémère gouverneur de Kaora et l’ambassadeur de Prya en Sverige où vous aviez annoncé un bal qui n’a jamais eu lieu. Retirez-vous des regrets de ces expériences ? Ne sont-ils pas des échecs ?


Concernant mon expérience d'ambassadeur auprès du Royaume de Sverige et plus particulièrement l'échec du bal que j'avais proposé, je tiens à rappeler qu'il n'était dû en rien à ma disparition. En effet, ce bal était organisé à l'origine durant la période dite de "gel" de Sverige. L'organisation du bal, en cette période, étant possible, j'ai été contraint de l'annuler. La responsabilité de cet échec, car il s'agit bien d'un échec, n'est absolument pas mienne.
Par contre, je considère qu'effectivement, ma courte période où j'ai eu la chance d'être Gouverneur de Kaora est un échec qui m'est entièrement imputable. Certains de mes soutiens diront que la responsabilité n'est pas mienne, puisque je ne suis pas responsable de ma disparition. Néanmoins, je ne peux m'empêcher de regretter de ne pas avoir pu mettre en place les projets que j'avais conçu.



A quoi attribuez-vous cet échec à la tête de Kaora ?


Il semble clair que mon enlèvement est la principale cause de mon échec à Kaora. Difficile de mener une quelconque action politique quand on est attaché, bâillonné et battu dans une cave dans un pays inconnu.



Mais vous nous avez dit précédemment le contraire ?? Votre seul enlèvement expliquerait donc votre échec ?


C'est assez difficile à expliquer. Mon enlèvement explique mon échec, soit. Mais je ne peux m'empêcher de me tenir responsable pour avoir déçu les Kaorans.


Vous êtes de nouveau candidat au poste de Gouverneur de la Capitale. Quelles sont les propositions concrètes que vous promettez aux Kaorans de mettre en place ?


Je n'entrerais pas dans les détails de mes propositions, dont je conserve la primeur pour les Kaorans lors de la campagne que je mènerais dans la capitale.


En résumé, je promets aux Kaorans de remettre aux normes écologiques la capitale, de leur proposer une vie culturelle et des événements ponctuels qui sont trop souvent oubliés. Je trouve dommage que Kaora, la Province la plus peuplée de notre nation, propose si peu d'activités culturelles et je tâcherais d'y remédier. Être Gouverneur, c'est, certes, être le gérant de la Province, mais être également le pilier de la communauté et d'être un véritable acteur de la vie provinciale.



Votre successeur à la gouvernance de Kaora est votre opposant politique, le Secrétaire Général du MEDEP. Que pensez-vous de sa première mandature ? Quels sont les qualités et les défauts que vous citeriez en parlant de lui ?


Son premier mandat est loin d'être mauvais. Il a su faire preuve d'initiative et lancer de nouvelles idées, sans oublier de faire preuve d'une gestion plus que correcte. Son bilan peut être bon. Mais il est possible de faire mieux, beaucoup mieux. Comme je vous l'ai dit précédemment, la majeure partie de mon action, si j'ai l'honneur d'être élu, serait culturelle. Or, Monsieur Bekagne est loin d'être un modèle dans ce domaine.

Quant à ses défauts, je dirais, en premier lieu, l'impulsivité. Il est relativement impossible de mener une discussion intelligente avec lui, puisqu'à la moindre critique, il mordra. Dès lors, malgré toute la bonne volonté dont il fait preuve, il me paraît être un dirigeant incapable de mener une action juste et sensée.



Et ses qualités M. Rowlaixe ? Vous ne lui en trouvez pas ?


Malheureusement, mis à part sa bonne volonté, Monsieur Bekagne n'a pas fait montre d'autres qualités.



Sa popularité semble être relativement raisonnable. Craignez-vous un revers qui pourrait alors vous affaiblir politiquement ?


Je crains un revers, c'est certain, mais je doute qu'il en résulterait un quelconque affaiblissement politique. Devenir à nouveau Gouverneur de Kaora est un pari difficile. Kaora compte, parmi ses habitants, de nombreux membres du MEDEP ou ses soutiens. Qui pourrait me reprocher une défaite alors que la majeure partie de la population Kaoranne est étiquetée MEDEP? Pour autant, cela ne veut pas dire que je m'avoue vaincu. Je me battrais jusqu'au bout et si, au final, la défaite est au rendez-vous, j'aurais tout de même la satisfaction d'avoir fait de mon mieux pour avoir prouvé aux Kaorans que je suis un meilleur candidat que Marjan Bekagne.



Vous nous l’avez dit, vous ne souhaitez pas revenir sur l’épisode de votre enlèvement. Néanmoins, est-ce que les pryans peuvent-être totalement rassurés sur votre état de santé mental ?


Je peux vous confirmer que, selon les médecins de l'hôpital de Zantavia, mon état mental est tout ce qu'il y a de plus normal.



Vous avez repris l’ADP en main que votre ami Stan Camelinni avait abandonné. Pourquoi avoir repris un parti qui symbolisait la démocratie participative dans un régime présidentiel fort ?


Historiquement, l'ADP n'a pas toujours été le parti de la démocratie participative. Notre parti a été crée sous un régime présidentiel identique à celui que nous connaissons à l'heure actuelle et a existé plus longtemps sous un régime présidentiel que sous celui de la démocratie participative. Il est mal venu de percevoir l'ADP que sous la lumière de la tentative de démocratie participative. Certes, notre parti en fut à l'origine, mais doit-il n'être vu que comme cela? Est-ce qu'on a continuellement considéré le MLP, qui n'était que le MIP sous un changement de nom, comme un parti dictatorial comme celui de Ban Kok? Il me semble que ce ne fut pas le cas. Je demande donc la même clairvoyance à l'égard de l'ADP et que nos concitoyens fassent la part des choses.

L'ADP ne défend plus une démocratie participative, mais en reprend certains aspects. L'héritage le plus important, à l'heure actuelle, est le refus du blocage de Prya mis en place par le MEDEP, qui essaye d'empêcher de nouveaux citoyens, comme Edgar Krilenko, d'accéder au Parlement et, dès lors, de garder le pouvoir entre les mêmes mains, qui se sont pourtant montrées incompétentes.



M. Rowlaixe, M. Rowlaixe, l'ADP a surtout été créée pour s'opposer à Ban Kok et au MIP. C'était son premier but. Le second avait été de permettre aux pryans de "se diriger" ou plutôt de "s'auto diriger". L'ADP a donc définitivement tourné la page de cette démocratie participative ? Pourquoi M. Camelinni demande l'avis des pryans sur son prometteur projet TransPryan ? N'est-ce pas des réminiscences de la démocratie participative, la difficulté pour les membres de l'ADP de mettre en oeuvre leur projet et de les assumer ? Et enfin, pourquoi l'ADP n'a-t-elle pas changée de nom - comme l'a fait le MIP / MLP - afin de marquer son changement de cap ?


Penser que l'ADP ne se résume qu'à deux périodes, l'ère Kokienne et la démocratie participative, serait une erreur. Il y a eu plus de deux ans entre ces deux périodes. Durant cette époque, sous l'égide de Martin Dutois, l'ADP s'est fait fort de mettre fin à la tendance qu'a connu Prya de n'avoir toujours qu'un parti ultra-dominant à sa tête et a tenté de prôner l'ouverture vers toutes les tendances. Que ce soit avant Ban Kok, pendant Ban Kok, sous le règne récent du MLP ou celui actuel du MEDEP, Prya est dirigé par une seule et même caste qui ne tolère qu'une opposition mesurée et n'a cure des projets qui ne sont pas proposés par les membres de la dite caste. On le voit bien, aujourd'hui, où la majorité des projets de l'ADP sont envoyés aux orties parce qu'ils proviennent de l'ADP. Durant les deux années où l'ADP a été au pouvoir, cette politique de fermeture du pouvoir et de rejet de l'autre n'a pas eu cours et les gouvernants ont été à l'écoute des gouvernés.

C'est pour cette raison, notamment, que Stan demande l'avis des Pryans sur son projet de TransPrya. Aussi prometteur que le projet est, comme vous le dîtes, il est inconcevable, pour un membre de l'ADP, de prendre une telle décision sans une large consultation nationale. Aimeriez-vous que demain soit crée à côté de chez vous une ligne à grande vitesse, même si elle est silencieuse, même si elle est écologique, sans que vous ayez été mis au courant ou que vous ayez pu discuter du projet? J'en doute. Il y a une différence entre avoir du mal à assumer les projets, comme vous le dîtes, et vouloir obtenir un consensus mélioratif d'un débat avec nos concitoyens.

Quant au changement de nom, la raison en est simple: l'ADP assume et est fière de son passé. Il n'y a pas à le renier, car, même si la démocratie participative fut un échec, cela reste une expérience louable et qui peut difficilement être condamné. Il me semble difficile d'en vouloir à l'ADP pour avoir voulu mettre tous les citoyens au pouvoir. A contrario, quand le MIP a changé de nom pour devenir le MLP, c'est parce que ce parti avait honte de son héritage dictatorial Kokien, ce qui s'avère difficilement comparable avec l'ADP.


Pourtant, c'est bien le rôle des députés de faire entendre la voix des pryans au Parlement. Ils sont les représentants du peuple. L'ADP semble avoir des difficultés à revenir à un régime plus traditionnel et n'arrive pas à se passer de l'avis direct des pryans. Est-ce un déficit de confiance ? Par ailleurs, le gouvernement vient de lancer une commission liée à l'économie ("usure"), c'est bien une idée de l'ADP, le pouvoir ne semble donc pas si renfrogné aux idées de l'opposition, non ?


C'est le rôle effectivement des députés. Pour autant, les députés, ces derniers temps, ont-ils rempli ce rôle récemment? Même si ces derniers temps, l'activité à l'Assemblée a un peu reprise, c'était loin d'être le cas il y a quelques mois. Pour autant, les Pryans étaient-ils constamment autant endormis que leurs représentants? Je ne pense pas. Les députés ont globalement failli dans ce rôle de représentation.

Il y a, par ailleurs, un paradoxe dans votre question. Vous me dîtes que les députés sont la voix des Pryans et que l'ADP ne doit plus demander l'avis des Pryans. Mais n'est-ce pas la même chose? Comment être la voix des Pryans si on ne leur demande pas l'avis des Pryans? L'ADP veut réellement représenter les citoyens Pryans et ça, ça implique de les écouter. L'ADP veut mettre fin à cette politique à la papa du MEDEP, coupée des citoyens et n'écoutant qu'eux-mêmes. Si vous estimez qu'il s'agit là d'un manque de confiance, soit! Moi j'y vois un respect des Pryans.


Quant à la Commission liée à l'économie, je suis reconnaissant à Monsieur de Fortia d'avoir lancé ce projet basé sur une idée de l'ADP. Je rappelle toutefois que Monsieur de Fortia n'est pas membre du MEDEP qui a intérêt, de son côté, à ne voir aucune idée de l'ADP mise en place. Ils ont peur que l'ADP se montre plus actif que le MEDEP, alors que c'est ce dernier qui est au pouvoir.


Ne nous attardons pas plus sur ces points, nous en avons beaucoup d’autres à aborder. Le MEDEP est au pouvoir. Cependant, le MEDEP compte deux Ministres (Morton et Dollard) et l’ADP un (Camelinni) Votre parti est donc également en partie aux responsabilités. Vous désolidarisez-vous du gouvernement ? Comment jugez-vous son action d’ailleurs ?


Il est vrai que cette situation est inédite: être dans l'opposition et avoir un membre au sein du gouvernement. Stan et moi avons discuté de son poste lors de ma reprise de l'ADP. Nous avons discuté d'une éventuelle démission de sa part, puisque, comme vous le soulignez, il était paradoxal d'être, à la fois, au gouvernement et se déclarer parti d'opposition. Cependant, nous sommes tombés d'accord sur le fait que l'intérêt général, celui de Prya, dépassait de loin une relative politique politicienne de l'ADP. Ainsi, il a été décidé que l'ADP ne critiquerait pas ou ne saluerait pas le travail de Stan Camelinni qui, à l'issue du mandat de Max Morton, fera lui-même son auto-critique. Ce sera à lui de juger de son action et non à un membre de l'ADP qui n'a pu voir, de l'intérieur, l'action gouvernementale.

Concernant le gouvernement en lui-même, il est dommage de voir dans quelle inaction il a été réduit. Lors de son élection, Max Morton nous avait présenté un certain nombre de projets et, on peut le dire, une certaine ambition pour Prya. Mais la majorité des projets qu'avait entériné la population Pryanne en élisant Max Morton n'ont pas vu le jour. Le projet de réforme de l'Université en est le parfait exemple: Max Morton a un projet déjà bien avancé, Julio de Fortia et moi-même avons, en partie, collaboré à ce projet et, pourtant, plus d'un mois après qu'on m'ait présenté ce projet, il n'y a plus aucune nouvelle. C'est symptomatique de l'état actuel du gouvernement et de ses prédécesseurs: durant ses deux mandats, Mac Dollard s'est contenté de gérer le pays et n'a lancé que très peu de réformes. C'est toujours le cas sous Max Morton, où les réformes sont au point mort et l'Etat est géré au jour le jour, sans vision d'avenir. Pour conclure, je dirais donc de l'action gouvernementale que les intentions étaient bonnes et que leur réalisation est mauvaise.



N’est-il pas gênant que Stan Camelinni ait fait son retour à l’ADP sur la pointe des pieds ? Aviez-vous peur des conséquences politique de ce retour au bercail ?


Comme je vous l'ai dit, cet état de fait met l'ADP dans une position inédite, à cheval entre opposition et gouvernement. Néanmoins, comme l'a montré Stan depuis ma reprise de l'ADP, il a su faire la part des choses et ne pas mélanger son appartenance au gouvernement et à l'ADP; il n'a pas utilisé sa fonction de Ministre des Affaires Etrangères pour mettre en place des projets de l'ADP et il n'a pas fait office de "taupe" de l'ADP au sein du gouvernement.



Rentrons dans le vif du sujet politique. Lors de votre seconde conférence de presse, vous citiez quelques-unes unes des personnalités qui ont marqué l’ADP. Parmi elles, on ne retrouve pas Max Morton qui a pourtant longtemps été un leader incontournable de ce parti. Pourquoi ? Simple langue de bois ?


Je ne sais pas si c'est de la langue de bois. La liste des personnalités que j'ai cité rassemblait l'ensemble des membres de l'ADP qui ont occupé la magistrature suprême de l'Etat Pryan, liste à laquelle j'ai ajouté Christophe Pugistyle pour l'ensemble de son oeuvre, évidemment. J'avais volontairement écarté Monsieur Morton du fait qu'il avait lui-même choisi un chemin qui n'était plus celui de l'ADP. Je ne voulais nullement l'associer à nouveau à l'ADP, alors que lui-même avait déclaré ne plus vouloir y être mêlé. Ce n'était donc pas une volonté politique, mais juste un respect de ce qu'il m'a semblé être son souhait. Si je l'ai choqué, je m'en excuse.


Mais Martin Dutois, que vous avez cité, a également rejeté l'ADP qu'il ne reconnait plus. Il avait même déclaré qu'il fallait "se méfier de l'ADP"...


J'ignorais qu'il avait tenu de tels propos. Dans quel contexte a-t-il déclaré cela ?



Dans une interview à La Gazette de Kaora... heu... [cherchant dans ses notes]... numéro... 25. Venons-en sur le fond. Parmi les propositions de votre parti, il y a les réfections des bâtiments. Imaginons que vous êtes au pouvoir, comment financez-vous cette mesure ?


Et bien, vous m'apprenez quelque chose. Je relirais ce numéro.


J'imagine que vous évoquez une proposition de l'ADP au niveau national concernant la réfection. Le financement d'une telle mesure est relativement simple. L'Etat Pryan est loin d'être pauvre. Le budget du premier trimestre 2010 le montre bien avec un budget de l'Etat positif avec des recettes supérieures de 17'000P§ aux dépenses. Il y a également la Province de Zantavia qui dispose de presque 100'000P§, alors qu'elle est la Province la moins peuplée de notre pays ou encore des fonds qui sont bloqués dans de nombreuses institutions pour concrétiser des projets qui sont au point mort. L'argent est là, Prya n'en manque pas.


Comme tous les partis politiques, vous avez sorti Zootopia de votre chapeau. Mais quel programme scientifique prévoyez-vous dans ce sens ? Est-ce que la base sous-marine tindalite construite par l’ex-Ministre de la Culture, de la Recherche et de l’Education, Max Morton aurait un rôle à jouer ?


Le projet Zootopia est important pour Prya. Tout comme pour l'Université, il s'agit d'une promesse de Max Morton qui n'a pas vu le jour. Pour l'ADP, la première mission du projet Zootopia sera de lancer un recensement complet de la faune et de la flore Pryanne, comme c'en était le but principal au lancement du projet. En partenariat avec l'Université, une infrastructure sera mise en place permettant à chaque scientifique d'ajouter les végétaux et animaux propres à Prya qu'il a pu trouver sur notre sol. Cet aspect sera également ouvert à tout citoyen qui souhaite y participer. En parallèle, une étude complète sera lancé sur l'état de la Nature Pryanne et, notamment, sur les conséquences de l'urbanisation, car même si Prya se veut écologiste, nous ne pouvons nous cacher derrière ce prétexte pour nier le fait que nous n'avons aucun impact sur notre Nature.

La base sous-marine de Tindali aura donc son rôle à jouer dans ce projet, puisqu'elle sera le lieu privilégié pour que les scientifiques puissent étudier les fonds marins.


Vous parliez également de « délitement du Micromonde. » Avez-vous des idées – hors Union des Nations – à soumettre afin de sauver ce qui peut l’être ?


Malheureusement, il n'y a pas de solutions miracles. Malgré toute la bonne volonté dont nous pourrions faire preuve, nous n'avons qu'une influence très limitée sur la bonne santé des autres micronations. Dans une situation comme celle-là, il convient de faire au mieux pour "sauver les meubles".

Pour se faire, il faut s'ouvrir vers des nations actives avec lesquelles nous n'avons, pour le moment, encore aucun lien. Je pense, notamment, à Nadür ou aux anciennes micronations avec qui nous n'avons plus de lien à l'heure d'aujourd'hui. Dans le cas de Nadür, il faut montrer à cette nouvelle nation qu'elle n'est pas seule. Dans le cas des autres nations, il faut partir du principe que ce n'est pas parce que ces nations ne font plus partie de ce qu'on appelle "Micromonde" qu'elles n'existent plus pour autant. Nous nous sommes conformés à la vision des nations présentes dans l'Archipel du Micromonde. Pour autant, cela ne nous empêche pas de lancer des relations bilatérales avec ces nations.

Comme je l'avais dit, le Micromonde est en plein délitement. Il est temps de penser à l'union et non pas à la désunion. Cela implique une nouvelle politique diplomatique, plus ouverte et plus volontariste.


Abordons donc cette « Union des Nations » que vous défendez. Qu’est-ce qui rassemblerait les membres d’une telle organisation au sein d’un Micromonde qui voit le nationalisme se développer à outrance ?


Tout d'abord, je tiens à préciser que le concept d'Union des Nations a, pour l'instant, été mis en second plan dans le programme de l'ADP. Nous considérons que le premier pas, en terme d'organisations intermicromondiales, doit être la fondation d'une union économique rassemblant l'ensemble des nations partageant avec nous l'outil EcoMicro. Il n'existe presque aucune règle définissant l'économie sous EcoMicro entre les nations qui y participent. Je pense notamment aux taux de change, au calcul de la masse monétaire ou aux échanges entre nations. Le principal but de cette organisation serait donc de donner un cadre commun pour chaque participant à EcoMicro.

Par la suite, si cette union économique est un succès, il conviendra de se poser la question de son élargissement à une union politique.



Vous avez procédé à de multiples charges envers Julio De Fortia que ce soit en sa qualité de Recteur ou de Premier Ministre. Vous avez même dérapé en tenant des propos assez violent sur la très faible activité de son pays d’origine, Fantispa. Etes-vous en mauvais termes avec Julio De Fortia ? Qu’est-ce qu’il vous inspire ? Que retenez-vous de lui ?


Je ne crois pas être en mauvais termes avec Julio de Fortia. Je participe, à son invitation, à la commission sur la rénovation économique, preuve en est que je n'ai rien contre lui et vice-versa.



Dans l’ensemble de vos propos issus de vos conférences de presse, il s’avère que vous souhaitez mettre en avant l’obligation de résultat. N’est-ce pas favorisé la quantité à la qualité notamment dans le domaine Culturel ?


C'est tout à fait exact, le principe que je défends est le suivant: "Quand on promets quelque chose, on le réalise". Ce n'est pas le cas avec la Présidence Morton. Pour autant, je ne suis pas d'accord avec vous, cela ne veut pas dire qu'il faut privilégier la quantité à la qualité. Si Max Morton avait promis des dizaines de réformes et en avaient tout de même réalisé une partie, cela aurait été exact, si j'avais maintenu des critiques identiques. Néanmoins, ce n'est pas le cas, puisque Max Morton avait promis un nombre réduit de réformes et n'en a mis en place aucune. Dès lors, qualité ou quantité, ça n'a pas d'importance quand rien n'a été réalisé.


Parlons de l’Université. Il semblerait que vous avez proposé beaucoup de points que le Président Morton travaillait déjà. Pourtant, on a la sensation que l’ADP tente de s’octroyer la finalité d’un projet qui n’a pas encore été rendu public, est-ce le cas ?


Non, ce n'est absolument pas le cas. Même si Messieurs Morton et de Fortia et moi partageons certaines idées concernant la réforme de l'Université, je ne suis pas en total accord avec l'ensemble du projet voulu par Max Morton. Si ce dernier ne voit pas le jour et que l'ADP a la chance de pouvoir proposer sa propre réforme, elle sera très différente de celle voulue par le Président Morton.



Passons à un tout autre sujet : Il semble que vous soyez favorable à la loi sur les médias. Mais n’avez-vous pas peur du risque du manque d’indépendance, des conflits que celle-ci peut créer comme on a pu le voir en novembre 2008 quand un pryan avait trouvé normal que la Presse soit redevable à l’Etat en raison des deniers que l’Etat verse aux médias ?


La loi sur les médias n'impose rien en matière de contenus. Cette loi impose une seule chose: la publication, au minimum, d'un article ou d'une émission par mois. Même si cet article ou cette émission est profondément opposé aux pouvoirs en place, les primes étatiques devront être versées. Ainsi, il n'y a aucun risque de manque d'indépendance. Si un journaliste souhaite se montrer complaisant avec le pouvoir en place, ce sera son choix rédactionnel.


En matière économique, vous proposez une révolution culturelle, mais tellement logique : la prise en compte de l’usure naturelle de nos bâtiments, véhicules et objets. N’avez-vous cependant pas peur de limiter un peu plus la consommation si celle-ci impose à terme la maintenance des produits achetés ?


A l'heure actuelle, les biens ne subissent aucune usure dans notre système économique. Cela ne pousse absolument pas à consommer de nouveaux objets. Intégrer l'usure des biens ne modifiera en rien la consommation par rapport à ce qu'il existe aujourd'hui. Mieux encore, cette usure permettra qu'un minimum de produits soit consommé, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.



Etes-vous partisan de la fameuse « consommation citoyenne » ?


Je n'y suis pas particulièrement favorable. Pour que la consommation citoyenne soit efficace, il faut y introduire une obligation. Cela va en contradiction avec les principes de liberté que défend Prya.


Par contre, je suis partisan de l'implantation d'une "consommation virtuelle" qui serait financée par l'Etat.



Dernière question M. Rowlaixe. L’ADP semble avoir pris un nouveau virage puisqu’elle s’oppose à la doctrine libérale du MLP en préconisant un interventionnisme étatique fort – même si celui-ci doit conduire à des déficits – Est-ce simplement la carotte pour attirer le chaland ? Une simple posture politique pour mettre fin à l’alliance que l’ADP avait fini par nouer avec le défunt MLP ?


Il ne s'agit pas de démagogie et de populisme. J'ai constaté que l'Etat est riche et qu'une majorité des projets proposée par le MLP et, ensuite, par le MEDEP, permettaient d'enrichir les entreprises qui n'en ont pas besoin pour certaines. Il est temps de remettre les citoyens au centre de la vie économique et cela passe par une redistribution des richesses à destination des citoyens.



Avez-vous quelque chose à ajouter ?


Je crois que nous avons fait le tour de nombreux sujets durant cet interview. J'ai bien du mal à trouver un thème qui n'a pas été abordé. Je finirais donc en souhaitant bonne chance aux membres de l'ADP lors des élections qui approchent.



Et bien, il me reste donc à vous remercier M. Rowlaixe pour toutes ces réponses qui passionneront probablement les pryans. J'en profite également pour remercier les équipes techniques de Canal Prya pour l'organisation de cette émission et pour leur accueil. Au revoir.


Au revoir et merci à vous d'avoir joué le jeu, Monsieur Ruffin.

"Ne le dîtes pas à mon père"

"Bonjour, je m'appelle Ricardo Bou Nouelle. Chaque semaine, je vais aller dans un pays dangereux du Micromonde et vous le présenter. Cette semaine, j'irais en Laihanie. Et, surtout, ne le dîtes pas à mon père!"



CANAL PRYA



"Le voyage en Laihanie commence bizarrement. Il faut savoir qu'aucune ligne d'avion ne relie la Laihanie au Micromonde. Pour s'y rendre, il n'y a qu'un moyen: aller dans un territoire totalement vide du Micromonde, appelé la Laihanie. Arrivé là-bas, vous devez tourner cinq fois sur vous-même, pisser dans un violon et crier "Laihanie, Laihanie, Laihanie". Immédiatement, vous serez transporté dans une autre dimension dans ce pays appelé Laihanie.


Dès que vous arrivez en Laihanie, un homme vient vers vous et vous donne des petits panneaux sur lesquels sont dessinés ce qu'on appelle des "smileys". Ils représentent toutes les humeurs ou sentiments que vous pourriez avoir. En effet, les Laihaniens ont un visage inexpressif et totalement incapables de montrer la moindre expression. Il faut donc utiliser ces panneaux pour mieux se faire comprendre. Par exemple, si vous faîtes une blague à quelqu'un, il faut lever le panneau "" pour faire comprendre à votre interlocuteur que c'est une blague. Etant donné qu'ils sont incapables de réellement sourire, c'est le seul moyen qu'il existe pour faire comprendre aux Laihaniens que c'est le moment de rire ou que vous trouvez votre blague amusante.


Autre particularité qui saute aux yeux, c'est que les Laihaniens ne se déplacent que très rarement et restent la plupart du temps immobiles au même endroit. Ils parlent donc entre eux en criant très fort pour se faire entendre. Toutefois, il faut noter que les Laihaniens ont totalement maîtrisé la courbe espace-temps et ont inventé un téléporteur qui leur permet de se déplacer dans le temps et dans l'espace. Ainsi, il leur est tout à fait possible de se déplacer à travers la Laihanie pour parler à tout le monde sans faire attention aux contraintes que représentent le temps et l'espace. Il ne faut pas non plus vous formaliser de la façon de parler des Laihaniens, puisqu'ils ont développé leur propre langue, un mélange de français et de langue Hesshemhess.


Le régime politique de la Laihanie est aussi très intéressante. Pour la première fois dans l'histoire, ce pays a deux Rois, qui disposent des mêmes pouvoirs. Il y a, certes, des rumeurs selon lesquelles ils auraient développé un culte de la personnalité, mais je n'ai rien trouvé à ce sujet, étant donné que tous les Laihaniens adorent leurs rois. J'ai même essayé à plusieurs reprises de critiquer ces rois. Toutefois, la seule réponse que j'ai reçu était "T tro con" assorti du panneau " ". Il semblerait que toutes les personnes ayant jamais critiqué les rois ont été sommairement exécutés ou jetés en prison.


J'ai toutefois eu la chance de pouvoir rencontrer les deux rois, Messieurs Premier. Il apparaît que la culture populaire à leur encontre soit totalement fausse. Alors que la propagande officielle martèle lourdement le fait qu'ils aient tous les deux seize ans et que, de ce fait, ce sont des génies, il s'avère en réalité que leur âge a largement dépassé les soixante-dix ans. Le dialogue avec eux est donc toujours particulièrement difficile. Je me rappelle leur avoir posé une question "Votre diplomatie est difficile, non?" et avoir obtenu comme réponse "21-9, 21-9, 21-9, on vous a niqué les Cocagniens!" de la part d'Aurélien Premier.


Par ailleu...Allez, Monsieur Bou Nouelle, c'est l'heure de manger vos coquillettes!".


Le plan de la caméra se déserre et on voit deux grands hommes en blanc encader Ricardo Bou Nouelle. Puis, la caméra se tourne et présente le visage d'une reporter de Canal Prya.


"C'était l'interview, malheureusement écourtée, de Ricardo Bou Nouelle, le fou le plus célèbre de l'hôpital de Zantavia qui a inventé, à lui seul, un pays imaginaire aux pratiques fantasques. Zantavia, c'est à vous!"

Survie, troisième épisode

EN EXCLUSIVITE CE SOIR, LE TROISIEME EPISODE DE LA MINI-SERIE "SURVIE"!
Retrouvez dès la semaine prochaine la suite de votre série "Survie" sur Canal Prya





Nous informons nos téléspectateurs que certaines scènes du programme qui suit peuvent s'avérer choquantes pour un public jeune et non averti.





Résumé de l'épisode précédent:
Jean a retrouvé ses anciens amis qui ont formé une communauté dans la maison de l'un d'eux, Mathieu, qui en est devenu le leader. La situation de Jean est très précaire au sein du groupe: n'ayant pas apporté de vivres à son arrivée, le bambin qu'il a pris sous son aile et lui-même ne reçoivent que très peu de nourriture. En outre, les conditions de vie dans la maison sont exécrables et, bientôt, les rations alimentaires viennent à manquer, obligeant le groupe a organisé un raid contre un supermarché proche. Malheureusement, ce supermarché est déjà occupé par une autre bande qui donne du fil à retordre et force le groupe à les attaquer, non sans subir quelques pertes. Seul l'un des adversaires a survécu et Mathieu veut obliger Jean à le tuer, puisque celui-ci n'a pas pris part au combat.


Jean se trouve au milieu de la rue, un couteau dans une main et, de l'autre, il tient le prisonnier par les cheveux. Il hésite. Il sait qu'il doit exécuter le malheureux s'il souhaite rester en vie, car, Mathieu, las d'attendre, a sorti son arme et le tient en joue, visiblement prêt à tirer sur lui s'il ne lui obéit pas. Les autres qui, quelques secondes plus tôt, pillaient avec joie les réserves du groupe vaincu, se sont arrêtés et observent la scène. Simon, le second de Mathieu, arbore un sourire vicieux, il semble content de ce qui est en train de se passer. Les autres, eux, sont bien plus horrifiés: tuer des ennemis ne les a pas gêné, mais là, ils ne semblent pas être d'accord avec le fait de tuer l'un des leurs. Charles tente même de s'interposer, mais il est rudement repoussé par Simon.


Jean n'a pas le choix, il va falloir qu'il exécute le prisonnier s'il veut sauver sa propre vie. Le regard dément de Mathieu l'y oblige. D'une main faible, il applique le couteau sur la gorge du prisonnier. Les secondes défilent et semblent être des heures. Puis, pris d'une inspiration soudaine, comme mu par une force inconnue, il assomme le prisonnier du manche de son couteau et entreprend, alors que celui-ci est inconscient, de lui trancher la langue. Tous, à l'exception de Mathieu, sont paralysés par l'horreur de la situation, ils n'auraient jamais cru possible que Jean ait le courage ou plutôt la folie de faire cela.


- S'il n'a pas de langue, il ne pourra pas dire qui nous sommes et où nous allons! s'exlame Jean, dans un grand cri qui respire la démence. Le bourreau qu'est devenu Jean ne sait pas réellement pourquoi il a fait ça, il y a juste vu une opportunité d'épargner la vie du pauvre garçon qu'il devait tuer. Il se rend aussi compte que, le dos au mur, il est capable de toutes les atrocités.


Le spectacle terminé, tous les autres reprennent leur travail et emplissent leurs sacs de vivres. Mathieu, lui, regarde fixement Jean, un air méchant dans le regard. Puis, il s'avance lentement et, d'une main sûre, dénuée de tremblements, il tire de sang-froid dans la tête du prisonnier, toujours inconscient. Jean, les mains et les habits couverts du sang de la victime, hoquète de surprise.


- Lui couper la langue ne suffit pas, abruti! Il aurait très bien pu nous suivre après et amener d'autres personnes chez nous. Si tu voulais vraiment éviter de le tuer, tu aurais aussi dû lui crever les yeux, voire lui couper les pieds, lui lâche Mathieu, totalement sérieux. Au moins, tu as la vie sauve, parce que je trouve qu'il faut vraiment être taré pour faire ce que tu as fait avec sa langue.


Mathieu est maintenant plus détendu. Il a même l'air heureux de voir que Jean se transformait petit à petit en un monstre qui lui ressemblait. Sans dire un mot de plus, les jambes flageolantes et les larmes aux yeux, Jean retourna auprès de Pierre, toujours au sol après avoir reçu une balle lors de l'assaut contre le supermarché. Le jeune homme a l'impression que s'il sauve la vie de Pierre, qui semble bien mal en point, malgré ses premières constatations, il compensera cette vie qu'il a indirectement ôté. Mais il sent également qu'une part de son humanité a disparu, lui a été arraché par Mathieu qui l'o obligé à commettre un acte immonde. Tout en comprimant la blessure de Pierre, il laisse de sombres pensées s'emparer de luiqui lui révèlent une chose dont il est sûr et certain désormais: il sait qu'il est prêt à tout, qu'il peut tout faire. Quand on côtoie un monstre comme Mathieu, il faut se mettre à son niveau et devenir soi-même un monstre.


Simon, sur ordre de Mathieu, siffle, signalant le départ de la troupe. Les sacs sont remplis de provisions et le groupe se met lentement en chemin vers la maison, retardé par Jean, presque obligé de porter Pierre qui est incapable de se déplacer seul.



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Deux mois se sont maintenant passés depuis la Catastrophe. La situation dans la maison s'est largement améliorée pour Jean. L'animosité de Mathieu et Simon envers lui est retombée et, petit à petit, il leur est devenu presque indispensable. Tout d'abord, avec l'aide d'Aurélie, le jeune homme a pris l'initiative d'établir des règles de propreté au sein de la maison qui la rend beaucoup plus habitable. Des commodités ont notamment été aménagés dans une demeure voisine qui fait que leur propre maison ne dégage plus cette horrible odeur pestilencielle. Ensuite, la bruyante meute d'enfants a été matée par Jean et surtout par Mathieu qui n'a pas hésité à en battre certains pour les effrayer et les tenir tranquilles, à tel point que ceux-ci passent la majorité de leurs journées dans un silence assourdissant et sans presque bouger de la pièce qui leur est réservé. Mais, ce qui a surtout amélioré la situation, c'est que, renforcé dans leurs certitudes de pouvoir s'en prendre à d'autres groupes, les hommes de la maison n'hésitent plus à sortir et à se livrer au pillage. Ils ont l'avantage de l'âge qui les rend plus rusés et plus forts que la plupart des autres groupes, constitués de membres plus jeunes qui, souvent, voient défilés leur horde dans la peur.



Jean, lui, a développé deux façettes de sa personnalité. Au sein de la maison, il essaye de se montrer prévenant et d'aider ceux qui en ont besoin, notamment les enfants. Mais, à l'intérieur, la bête sauvage qu'il est devenu, au contact de Mathieu et de Simon, ressort et il n'hésite plus à se livrer à des actes dont il ne se serait jamais cru capable. Ainsi, la veille, ils avaient attaqué un appartement où s'était refugié un groupe de cinq personnes avec une quantité incroyable de vivres. L'un d'eux, un adolescent d'à peine treize ans, avait essayé de résister, alors même qu'il était désarmé, ce qui ne manque pas de courage, surtout qu'au fil des pillages, la troupe de Mathieu avait acquis suffisamment d'armes à feu pour qu'ils en aient chacun une, voire plus. Jean, entré le premier, n'avait eu aucune hésitation quand le garçon avait essayé de résister. Il avait ouvert la fenêtre et l'avait jeté du haut du cinquième étage. Son acte ne lui avait pas paru si choquant que cela, pas même quand il avait entendu le fracas que le corps avait produit quand il s'était écrasé au sol. C'était maintenant le quotidien du groupe: chaque jour, Mathieu, Simon, Henri, Charles et Jean repéraient une habitation occupée et allait la piller. Pierre ne venait plus avec eux, la blessure qu'il avait reçu lors de leur première sortie s'étant infecté, il n'était plus d'aucune utilité.

Ces semaines de pillage et d'exactions avaient radicalement transformés Mathieu et Simon. Dès les premiers jours suivants la Catastrophe, ils s'étaient montrés cruels, mais leur attitude avait maintenant largement dépassé les limites de la cruauté. Tout n'était plus que jeu pour eux et ils y éprouvaient une joie non dissimulée qui faisait peur.

Malgré cela, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes pour Jean, si ce n'était ses cauchemars qui le tenaient éveillé une bonne partie de la nuit. Cela avait commencé avec des rêves étranges qu'il ne comprenait pas et qui le laissait songeur. Puis, au fur et à mesure, ses rêveries s'étaient précisés, étaient devenus de réels cauchemars qui représentaient tout ce qu'il avait fait depuis la Catastrophe, de la mort de son agresseur le premier jour à cet enfant sur lequel il avait marché lors d'un raid il y a une semaine. Il était sûr que ses victimes venaient le hanter et elles auraient eu raison de le faire, il en était conscient. Ainsi, Jean se réveillait presque chaque nuit, le torse baigné de sueurs nocturnes, le coeur au bord des lèvres, effrayé par toutes les horreurs qu'il avait commis quand sa bête intérieure s'exprimait. Il aurait bien voulu en parler à quelqu'un, mais il était difficile de le faire, car la routine de l'atrocité ne souffrait d'aucun état d'âme.

La seule personne qui pouvait comprendre n'était autre qu'Aurélie, seule femme de la maison et soeur de Mathieu. C'est pourquoi, au lendemain d'un cauchemar qui l'avait presque rendu fou, il se confia à elle.

- Aurélie, je dois te parler
- Qu'est-ce qu'il y a?
- Est-ce que tu sais ce que l'on fait quand on part en expédition?
- J'ai déjà dit que je ne voulais pas le savoir!
- Il faut que tu saches! C'est...horrible...
- Non, non et non! Si tu veux en parler, fais le avec Mathieu!
- Il n'est plus comme avant...Tu ne l'as pas vu dehors toi...
- Je sais qu'il a changé...

La jeune femme n'en dit pas plus et se contente de partir vaquer à d'autres occupations. Jean est persuadé que si elle ne veut pas en savoir plus, c'est justement parce qu'elle se doute très bien de ce qu'il se passe quand la troupe sort en expédition à l'extérieur de la maison. Cela n'a empêché à personne, parmi ceux qui ne quittent jamais la maison, que ceux qui font les raids ont changé, sont devenus beaucoup plus froids et sombres. Certains, comme Henri ou Charles, sont très peu différents d'avant; Jean, lui, est bien plus silencieux et songeur; tandis que Mathieu et Simon ressemblent à de réels démons ivres de violences et de sang, même à l'intérieur de leur habitation. Mathieu marque même, après chaque raid, sur un tableau le nom de celui qui a été le plus méritant. En fait, il ne s'agit pas de celui qui a fait le mieux, mais seulement de celui qui a été le plus violent. Dans l'esprit pervers de Mathieu, la violence équivaut à une qualité. Sur la cinquantaine d'expéditions que la troupe a fait, Mathieu et Simon ont eu la plupart des fois l'honneur du tableau de mérite. Jean arrive en troisième position. La semaine précédente, Simon a ajouté une nouvelle donnée au tableau d'honneur: un compte de points. Il consiste en une horreur pure et simple: à chaque fille forcée, l'auteur gagne des points. Pour le moment, seul Simon en a. Même Mathieu trouve la pratique plus que discutable, mais il est vrai que pour lui, un viol n'est pas la chose la plus horrible qu'il lui arrive de faire.

Paradoxalement, alors que les hommes de la maison sont devenus des sortes de monstres qui tuent, pillent et violent, la seule femme de la maison se rend fréquemment à l'extérieur pour prodiguer des soins à ceux qui en avaient besoin. Ses connaissances d'étudiante en médecine et ses faibles moyens font qu'elle ne peut que faire très peu, mais elle le fait tout de même. Selon elle, cela permet de soulager bien plus les esprits que les corps. Pour cette raison, Jean a développé un certain sens du respect et de l'admiration à son égard, ce dont elle lui est reconnaissante, étant donné que la plupart des autres habitants mâles du groupe la traitent comme leur servante, de par son statut de seule femme de la maison. Il lui arrive donc fréquemment de visiter des groupes qui lui font confiance et d'y soigner des blessures bégnines, de recoudre quelques plaies ou de panser des abcès. Ce qu'elle ignore toutefois, c'est que Mathieu la fait suivre par Simon pour que ce dernier repère les groupes intéressants à piller. Jean le sait, tous les hommes du groupe qui font les raids le savent, mais aucun n'a osé le lui dire, terrifié par la réaction que pourrait avoir Mathieu.
C'est au retour d'une de ses sorties sanitaires qu'Aurélie annonce, l'air grave et desespéré:

- Je ne peux pas être certaine, mais je crois que le choléra est en ville...

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Le choléra...


Il y a quelques temps, ils avaient déjà tous discuté de la possibilité que des maladies se propagent. Aurélie avait même déclaré qu'elle trouvait fort étonnant que cela n'arrive pas plus tôt. En effet, la résultante des centaines de cadavres pourrissant dans les rues et dans les maisons ne pouvait être que le déclenchement d'une épidémie. Personne n'avait essayé d'enterrer les corps, bien trop nombreux, et ceux qui voulaient le faire, s'étaient contentés de brûler quelques cadavres et, principalement, de les jeter dans la rivière proche de la ville, rendant son eau impropre à la consommation.


La réaction de Mathieu ne se fait pas attendre. Lui qui n'avait pas peur lors de combats avec d'autres humains semble effrayé par la possibilité d'être touché par une maladie contre laquelle il ne pouvait rien.


- Il faut partir tout de suite! Préparez les sac! Prenez les vivres, les armes, les munitions, seulement ce qui est nécessaire!
- Je ne peux pas partir, lui répondit sa soeur, d'un ton ferme.
- Pourquoi?
- J'ai des patients ici et, puis, Pierre ne peut pas partir!
- Putain, rien à foutre de Pierre...Et tes patients, on va les buter dès qu'on en a l'occasion.


Jean est surpris de voir qu'Aurélie ne semblait pas plus étonnée que cela de l'aveu de Mathieu. Il se doute qu'elle sait que Mathieu l'avait fait suivre par Simon et qu'après, ils profitaient des découvertes du second du groupe pour organiser des razzias. La jeune femme bouille toutefois de colère à l'encontre de son frère.


- Connard!


Mathieu sursaute quand il entend l'insulte que lui envoie sa soeur. Elle, si docile, ne l'a jamais insulté. Il est sur le point de répliquer avec violence quand il se rend compte que ce serait inutile.


- Reste si tu veux, soeurette, mais nous, on part.


Jean est sur le point d'intervenir en faveur d'Aurélie qu'il a toujours apprécié, mais celle-ci, sentant qu'il allait intervenir, secoue la tête en le regardant, lui intimant, dès lors, de se taire. Le jeune homme lui répond par un hochement de tête résigné. Il voudrait rester, mais il sait qu'il ne peut pas: en restant, il se condamnerait à mort, comme le fait Aurélie en s'obstinant à ne pas vouloir partir d'une ville où elle se fera sûrement attaquer au pire ou attrapera une maladie mortelle au mieux.


En quelques heures, le groupe est prêt à partir. tous sont chargés comme des mules de sacs de plusieurs dizaines de kilos, contenant tous les vivres qu'ils ont pu prendre. Même les enfants sont obligés de porter une partie de leurs possessions. Sans même dire un adieu à sa soeur, Mathieu annonce le départ du groupe qui se met en route. Jean, qui ferme la marche, contemple pendant quelques secondes la maison qui les a abrité pendant deux mois, non sans avoir une pensée pour Pierre, que la gangrène qui a envahi tout son bras empêche de venir avec eux, et Aurélie, la si gentille Aurélie, qui reste là pour veiller sur Pierre et sur les autres pauvres âmes qui continuent à habiter cette ville dévastée.


La marche est pénible. Jean porte, au bas mot, une trentaine de kilos dans son sac, mais également le bébé qu'il a sauvé sur le devant, accroché à lui par un ensemble de cordages qu'il a mis au point et qui le gêne vraiment pour pouvoir porter son fusil, le même qui a blessé Pierre lors de l'assaut contre le supermarché et qui s'était enrayé dans les mains de leur adversaire, coup de chance qui leur avait permis de remporter la victoire sans aucun doute. Jean l'avait réparé et il était en parfait état. Malheureusement, aujourd'hui, il le gêne plus qu'autre chose, surtout qu'au poids qu'il porte, il doit ajouter le calvaire de surveiller le troupeau d'enfants qui est juste devant lui et dont on lui a confié la charge. Il aurait préféré être à l'avant, pour repérer le terrain, mais Mathieu lui a ordonné de fermer la marche.


Personne ne sait réellement où ils vont. Mathieu et Simon ont seulement décidé qu'ils allaient se diriger vers la campagne profonde à environ deux cent kilomètres de leur ville d'origine. Jean est d'accord avec eux, c'est là qu'il faut s'installer, dans un endroit plus calme et plus à l'abri des épidémies. Néanmoins, il est conscient qu'une moitié des enfants du groupe ne survivraient pas à deux cent kilomètres de marche, surtout si des obstacles se présentent sur la route. Le groupe marche depuis deux heures et est à peine sorti de l'agglomération de leur ville que les plus jeunes enfants capables de marcher montrent déjà de sérieux signes de faiblesse. Si le départ n'avait pas été si précipité, ils auraient pu construire une sorte de chariot, tiré par l'un d'eux, pour mettre les enfants les plus faibles, voire même pour mettre Pierre dessus, ce qui aurait convaincu Aurélie de les suivre. Mais Mathieu en avait décidé autrement.


La nuit est sur le point de tomber quand Henri, qui fait office d'éclaireur cent mètres devant eux, leur adresse de grands signes. Aussitôt, la caravane s'arrête et tous se mettent accroupis, y compris les enfants que Jean intime au silence. Prudemment, Henri revient vers la tête du groupe en même temps que Jean remonte la colonne pour pouvoir avoir lui aussi les raisons de cet arrêt. Henri arbore un sourire carnassier:


- Un petit camp...Cinq gars qui se sont arrêtés là pour la nuit...[Son sourire s'agrandit]...Ils ont une sorte de roulotte tirée par un cheval...


Mathieu hoche la tête. Chacun sait ce qu'il a en tête: attaquer ce groupe. Cette fois-ci, ce n'est pas sa soif de sang qui veut s'exprimer, mais uniquement la convoitise qu'il éprouve pour la roulotte qui faciliterait bien le voyage.


- Henri, tu as vu s'ils sont armés?
- Ouais, ils le sont. J'ai vu plusieurs fusils accrochés à la roulotte.
- Bien...On va devoir y aller intelligemment les gars, pas les attaquer de front.


Mathieu distribue ses ordres. Une nouvelle fois, la chance a voulu que les types de la roulotte se soient installés à côté d'un sous-bois. Un à un, cinq hommes de la troupe, dont Jean, s'enfoncent sous la protection des arbres, attentifs à ne faire aucun bruit. Chacun est conscient de l'enjeu de la prise et essaye de ne pas faire rater l'attaque. Au bout de cinq minutes, ils sont tous en position. Mathieu a déjà attribué à chacun quel adversaire il allait devoir abattre. Mathieu émet un léger sifflement, c'est le signal: Jean, qui avait sa cible en visée, tire et réussit à l'abattre du premier coup. La plupart des autres ont la même chance. Il faut dire que désormais, ils ont beaucoup d'entraînement au tir. Seul Simon a raté sa cible qui se trouve juste à côté de celle qu'a abattu Jean. Celui-ci n'hésite pas une seconde et tire une seconde fois, mettant un terme à la vie de l'unique survivant adverse. Le second de Mathieu jette un regard glacial à Jean qui ne le remarque pas. Visiblement, il semble furieux de s'être vu privé de sa victime.


Comme toujours après un massacre facile, les hommes sont rieurs. Ils se précipitent sans plus de cérémonie pour dépouiller leurs victimes des effets personnels qu'ils avaient et notamment leurs armes qui enrichissent encore plus l'arsenal du groupe. Jean, lui, goûte peu ce dépouillage et préfère aller voir de plus près la roulotte. Alors qu'il s'en approche, il entend du bruit à l'intérieur. Sans plus réfléchir, il épaule son fusil et tire un coup en l'air.


- Sortez de là ou je vous tire dessus!


La roulotte est maintenant silencieuse, mais personne n'en sort. Prudemment, il avance, tenant toujours en joue l'arrière de la roulotte. Son instinct lui dit qu'il n'a rien à craindre et soulève donc la bâche qui cache l'arrière. La découverte qu'il fait lui arrache un hoquet de surprise. Dans la roulotte, se trouve cinq jeunes filles, vêtues de guenilles et attachées à une barre de fer solidement ancrée dans le bois du véhicule. En le voyant arrivé, le fusil pointé vers elles, plusieurs filles se mettent à crier, d'autres pleurent bruyamment. Elles pensent leur dernière heure arrivée. Jean monte dans la roulotte et, sans réfléchir, coupe la corde qui les attache toute à la barre de fer avec son couteau qu'il garde attaché à sa jambe. D'un seul mouvement commun, les filles se lèvent et se jettent dehors, le bousculant. Le temps qu'il se relève, elles se sont déjà mises à courir à toute allure pour fuir le petit campement. Les autres, trop occupés à nettoyer les corps des hommes morts, n'ont pas eu le temps de réagir et regardent, interloqués, les jeunes femmes les fuir. Mathieu rigole doucement en voyant l'air surpris de Jean, tandis que Simon arbore un visage qui semble étrangement triste.


- Au moins, on a la roulotte, leur lance Jean tout en montant à l'intérieur.


C'est alors qu'il se rend compte qu'en réalité, toutes les filles n'ont pas fui. L'une d'elles est toujours là, recroquevillée contre l'avant de la roulotte et, apparemment, totalement apeurée par l'apparition de Jean. Celui-ci s'approche doucement et pose sa main sur l'épaule de la jeune femme qui doit avoir à peine dix-sept ou dix-huit ans. Son geste, qu'il veut apaisant, déclenche une réaction immédiate de la fille qui émet un petit cri et se recule encore plus contre la paroi de bois pour éviter que la main de Jean ne la touche.


- Allez, n'aie pas peur, je ne te veux pas de mal...Allez, viens...


Jean, par ses paroles, veut la calmer, mais il n'y arrive pas. A l'extérieur, il entend Mathieu crier que le groupe va rester là pour la nuit, alors même qu'il envoie Henri et Charles chercher le reste du groupe qui s'était caché plus loin, en attendant que l'assaut soit terminé. Jean, épuisé par la marche et la surveillance des enfants, n'a pas envie de faire la fête avec les autres qui veulent célébrer leur victoire. Il leur fait un signe pour leur faire comprendre qu'il va dormir dans la roulotte. Mathieu et Simon éclatent d'un rire gras et vulgaire, pensant que Jean va en profiter pour coucher avec la dernière fille restante, mais ce n'est pas du tout dans l'intention de Jean, qui sort de son sac un morceau de pain qu'il lance à la jeune fille qui semble se calmer. Il s'endort rapidement, non sans avoir attaché la corde qui enserre toujours les poignets de la fille à sa propre ceinture, pour éviter qu'elle ne s'enfuit.


Le lendemain, à l'aube, Jean s'éveille, le dos courbaturé d'avoir dormi dans la roulotte. Le camps est calme et il doit probablement être l'un des premiers réveillé. La première chose qu'il fait est de vérifier que la fille est toujours là. Elle ne s'est effectivement pas échappé et est endormi. Doucement, Jean la secoue pour la réveiller. Quand elle ouvre les yeux, la peur se lit sur son visage, mais, bientôt, elle se calme, consciente que Jean ne lui veut pas de mal. Celui-ci retourne vers son sac et y prend un morceau de chocolat qu'il tend à la jeune femme. C'est un des derniers morceaux de chocolat du pays, se dit-il. Il l'avait gardé précieusement, pour une grande occasion. La jeune fille s'en saisit et le dévore en moins de trois secondes, visiblement très heureuse de goûter à nouveau à du chocolat. Jean, à nouveau, s'approche d'elle et lui dit doucement:


- Je vais te détacher. N'essaye pas de t'enfuir, s'il te plaît.


Elle acquiesce de la tête. Confiant, Jean la libère de ses liens et se prépare à la retenir si elle tente de s'enfuir. Mais elle n'en fait rien et se contente de se frotter les poignets, meurtris par la corde. Jean lui sourit et va chercher une dernière chose dans son sac d'où il tire une chemise et un short qu'il lui tend. Ravie de pouvoir reprendre une apparence plus décente, la jeune fille revêt rapidement les habits.


La scène n'a duré qu'une dizaine de minutes, mais ce laps de temps a suffi pour que tout le monde se réveille dans le camps ou soit réveillé. La collation est rapide et Mathieu donne bien vite le signal. Jean et la jeune fille descende de la roulotte et sont remplacés par les enfants qui semblent ravis, à la fois de voyager dans un véhicule si pittoresque et également de ne plus avoir à marcher. Une nouvelle fois, Jean se retrouve à l'arrière de la colonne, derrière la roulotte. Toutefois, cette fois-ci, la marche est beaucoup moins pénible. D'une part, Jean n'a pas à surveiller que les enfants avancent comme il faut et, d'autre part, il est débarassé du poids de son bambin qui est maintenant porté par la jeune fille qui marche à côté de Jean.


Contrairement à la veille, la journée se déroule sans incidents et le groupe arrive à parcourir une quinzaine de kilomètres avant d'établir un campement pour la nuit. Ils sont tous calmes et conscients des efforts du lendemain, ils se couchent sans tarder. La jeune fille a décidé de dormir à côté de Jean et, avant de se coucher, elle joint ses mains et les tend devant lui. Elle veut être attachée.


- Non, ce n'est pas la peine que je t'attache, je te fais confiance, lui murmure le jeune homme.


La jeune fille sourit timidement. Jean est sur le point de sourire en retour quand Mathieu lui crie, avec force, qu'il sera le premier à effectuer un tour de garde. Le ton de l'ordre n'a pas échappé à la jeune femme qui lance un regard interrogateur en direction de Jean.


- Ne t'inquiète pas, il est toujours comme ça, mais il n'est pas vraiment méchant...[Jean rechigne à lui dire quelle est la vraie personnalité du chef]...Il m'en veut pour un truc qui s'est passé il y a quelques temps...Tu vois, on était très ami tous les deux avec un autre garçon...Un jour, alors que je conduisais, j'ai eu un accident de voiture...Notre ami, qui était avec moi, est mort dans l'accident...J'avais bu...

Jean décide de ne pas en dire plus et la jeune fille, elle non plus, ne demande rien et s'allonge pour s'endormir.
...
...
Un cri!
...

Jean se réveille. Il a dû s'endormir pendant son tour de garde. A nouveau des cris. Ceux d'une jeune femme, pas très loin. Aussitôt, Jean regarde vers SA jeune femme. Elle n'est plus là. Il prend son fusil et se précipite vers le point d'origine des cris. Elle est là, à cinquante mètres du camps, allongée au sol. Simon est au-dessus d'elle, occupé à déboutonner son pantalon. Ses intentions sont claires. Entendant un bruit derrière lui, il se retourne et voit Jean qui l'observe, puis éclate d'un rire sonore.


- Enfoiré de pervers! lui crie Jean.


Il lui saute dessus et le fait rouler à terre. Jean pense avoir remporté la partie, mais Simon ne veut pas lâcher et sort un couteau de sa ceinture et le plante dans la jambe de Jean qui grimace sous la douleur. Le jeune homme cherche son fusil des yeux. Il l'a stupidement lâché quand il a foncé sur Simon, ne pensant pas qu'il en aurait besoin. Simon revient à la charge, il a décidé d'en finir avec Jean et essaye de lui trancher la gorge avec son couteau. Jean y réchappe de justesse et d'une roulade, il se retrouve à la gauche de Simon. Il ne lui faut qu'une seconde pour tirer son couteau attachée à sa jambe droite et à trancher au bon endroit. Simon tombe à terre, Jean lui ayant tranché l'artère poplitée, celle qui alimente sa jambe en sang qui coule maintenant à flot. Simon est incapable de bouger, il ne peut rien faire et la Mort viendra le cueillir. Jean ne peut s'empêcher qu'il n'a que ce qu'il mérite.


Jean se relève lentement. Sa jambe le lance durement et il saigne lui aussi abondamment. D'un coup, il arrache un pan de la chemise de Simon et improvise un pansement pour arrêter le saignement. Cela fait, il se dirge vers la jeune fille et l'aide à se relever.


Ils allaient tout deux retourner vers le camps quand Jean aperçoit Mathieu, qui se tient là à côté du lieu de l'affrontement, un air fou et diabolique au visage. Il a tout vu.

Journal télévisé du 8 juillet 2009

Journal télévisé de Canal Prya
8 juillet 2009
Présenté par Steven Playmobil
L'homme qui n'a pas de coudes ou de genoux



Prya: retour d'une opposition?


Avec la renaissance de l'Alliance Démocratique Pryanne, l'échiquier politique pryan semble évolué à nouveau vers une opposition plus soutenue entre le MLP du Président Dollard et l'ADP de Stan Camelinni. Après plusieurs mois d'un calme relatif, seulement mis à mal lors des élections présidentielles, il semble que Prya se dirige une nouvelle fois vers un affrontement entre ces deux partis qui a déjà commencé lundi 6 juillet quand, à la suite de la présentation du programme politique de l'ADP, le Premier Ministre Agosto-Velaz et le Ministre Morton s'en sont pris à ce programme le jugeant peu explicite et lacunaire, notamment en ce qui concerne le fait que le discours de Stan Camelinni n'évoquait pas ce que l'ADP proposait pour le peuple pryan lui-même. Max Morton a même déclaré qu'il voyait en ce programme "les raisons qui lui ont fait quitté l'ADP". Messieurs Agosto-Velaz et Morton ont également ajouté que l'ADP proposait beaucoup, mais faisait très peu, reprenant notamment la question du Wiki, proposé par l'ADP et qui n'avance pas. La réplique des membres de l'ADP ne s'est pas faite attendre, en particulier de la part d'Ernesto Rowlaixe qui a déclaré, en substance, que s'il était au gouvernement, il aurait fait bien plus que ce que Messieurs Agosto-Velaz et Morton ont fait jusque là, ce à quoi, le Ministre des Affaires Etrangères a répliqué que le gouvernement travaillait et qu'il allait, par exemple, bientôt se rendre en Rileko pour une visite diplomatique. Dès le lendemain, l'ADP a annoncé l'ouverture de nouveaux locaux, proposant notamment un programme politique plus complet que celui proposé dans le discours de Stan Camelinni.


Cette reprise des débats et de la tension politiques laissent toutefois la place à plusieurs interrogations. Tout d'abord, on peut se demander jusqu'à quel point l'opposition sera forte entre le MLP et l'ADP, si la tension montera jusqu'aux pires moments de Prya quand le MIP, l'ancêtre du MLP, et l'ADP s'affrontaient avec violence et n'hésitaient pas dans les coups bas ou si l'opposition sera forte, mais saine, comme sous l'ère de Martin Dutois et Fred Chopin. Il est, pour le moment, impossible de fournir une réponse sûre et certaine à ce propos, mais il est toutefois clair que les personnalités de Messieurs Dollard, Morton, Agosto-Velaz, Camelinni et Rowlaixe ne sont pas aussi sulfureuses que pouvaient l'être des pryans comme Ban Kok, Bjorn Friklund, Kurt Denfell ou même Napoléon Empereur. S'il est souhaitable de voir le retour d'un affrontement politique au sein de la nation, il serait regrettable qu'elle soit de la violence que le pays a connu en 2005.

Toutefois, selon des rumeurs, au MLP, la renaissance de l'ADP ne semble pas inquiéter plus que cela les dirigeants du parti libéral. D'une part, les très récentes élections présidentielles ont montré que Mac Dollard bénéficiait d'une popularité plus grande que celle de Stan Camelinni. D'autre part, malgré le fait que Stan Camelinni se présente au poste de député supplémentaire de Siango, il y a peu de chances que la majorité parlementaire du gouvernement, avec Rebecca Dollard et Max Morton, puisse être mise à mal par la présence d'un seul député de l'ADP, à moins qu'Alex Pireau ou Tropez Bano ne basculent dans le camp de l'ADP, ce qui reste peu probable.


Il y a donc de fortes chances que l'opposition se cantonne à la place publique, mais ne dépasse pas plus ce stade pour l'instant, laissant les coudées franches au gouvernement pour faire les réformes qu'il souhaite.


Micromonde: Naissance de deux nouvelles nations


Cette semaine, deux nouveaux pays ont rejoint le cercle restreint des nations du Micromonde. Il s'agit de l'Uranie et de Nadür, toutes deux situées à proximité de l'EcoDémocratie de Prya, puisque Nadür se trouve être une île à l'est du Gerolstein, et l'Uranie sur le continent le plus au sud du Micromonde. Pour le moment, le gouvernement pryan ne semble avoir pris aucune disposition particulière à l'égard de ces deux nations, notamment en raison de l'organisation de la visite de Monsieur Agosto-Velaz en Monarchie de Rileko qui semble occuper une partie de l'énergie des services du Ministère des Affaires Etrangères. Dès lors, nous disposons de peu d'informations sur ces nations si ce n'est que l'Uranie déclare être un Empire et Nadür une république parlementaire. A l'heure actuelle, cela porte le Micromonde à un total de vingt-deux Micronations, dont un nombre inquiétant de Royaumes et d'Empires qui s'élèvent à dix nations


People: Mariage en Lahainie


La Dyarchie de Lahainie est un pays très particulier. Tout d'abord, cette nation ne se trouve pas dans notre Micromonde, malgré son occupation illégale de la Meurraine, territoire micromondial. Ensuite, sa population, très jeune, ne semble guère s'adapter au contact des autres Micronations, notamment à cause de la loi de 1992 appelée "Edit de l'interdiction de bandaison" qui stipule qu'il est illégal d'avoir de quelconques relations sexuelles amenant à une logique frustration qui rend ses habitants, et, en particulier ses deux Rois (Autre particularité de la Lahainie, inspirée directement du conte pour enfants "On ne sait pas comment avoir un régime politique intéressant alors on se fout tous les deux Rois, même si c'est tout pourri et qu'on est incapable de jouer comme des Rois") qui se montrent souvent plus qu'agressifs envers leurs homologues du Micromonde. Néanmoins, il semble que la loi du Kikitoumou (Autre nom nom de la loi de 1992) puisse être prochainement abrogée puisque le Roi Joël Ier a récemment annoncé son mariage avec une nouvelle venue dans son pays, dont il a fait rapidement la connaissance dans son Palais. Les observateurs sont particulièrement surpris de la rapidité de cette union, même s'ils semblent tous tombés d'accord que cela s'explique par le fait que la future reine a accepté de jouer à touche-pipi avec le Roi Joël Ier, ce qui a des effets immédiats sur un garçon de seize ans, privé de sexe depuis sa naissance. Selon toute vraisemblance, le Roi Aurélien Ier, appelé l'Autre Roi, devrait promulger un Edit nommé "Touche mon Kiki et tu deviendras Reine" histoire de se trouver également une gonzesse avec qui jouer au docteur.


Nous essayerons de vous fournir plus d'informations à ce sujet, mais, pour le moment, il s'avère que la journaliste people de Canal Prya, Trick Maul, soit personna non grata en Lahainie.


Brève people

Après l'histoire de Tod Ruffin portant les porte-jaretelles de sa compagne, Becky, le juge du Conseil Constitutionnel ferait encore les gros titres, puisque celui-ci serait impliqué dans une histoire de sniffage de colle à l'Université de Kaora.


Culture: L'histoire de la famille Rowlaixe
Par Ernesto Rowlaixe


Ma famille est très ancienne et ma généalogie peut être remontée sur plusieurs siècles. Les Rowlaixe ne sont pas pour autant une famille noble ou riche ou quoi que ce soit de genre. Il s'avère que la famille Rowlaixe était une famille considérée comme très importante dans le pays dont elle est originaire, la Charquozi, une nation composée des plus petits pygmées qui ont jamais foulé sol du Micromonde. Des tout petits petits petis petits pygmées. Les Rowlaixe comptaient parmi les plus proches des Empereurs de Charquozi, puisqu'ils étaient élevés là-bas pour servir d'ornements à ces Empereurs. En effet, les Rowlaixe, reconnus pour avoir les plus belles dents de Charquozi, étaient élevés dans un unique but: avoir les plus belles dents possibles pour qu'elles soient ensuite prises et servent de bracelets aux Empereurs Charquozistes. Un proverbe de ce pays dit même que si un Charquozsite n'avait pas de bracelet Rowlaixe à cinquante ans, cette personne n'était qu'une sous déjection de babouin.


Ainsi, la famille Rowlaixe servit d'ornements pendant plusieurs siècles, de l'Empereur Nicacalas Charquozi à son fils Glean Charquozi (Ils ont tous les deux vécu pendant plus de trois cent ans, tellement ils étaient géniaux). Cet asservissement de la famille Rowlaixe ne se termina qu'avec la victoire d'un autre pygmée, Frensoi Baille'Roux Charquozi qui libéra les Rowlaixe de leurs obligations de bijoux, leur préférant des boucles d'oreilles en oranges.

Journal télévisé du 4 juillet 2009

Journal télévisé de Canal Prya
4 juillet 2009
Présenté par Steven Playmobil
L'homme qui déteste les Laids Gau




Bonjour à tous et à toutes,


Canal Prya vous propose un journal exceptionnel aujourd'hui avec l'interview de Monsieur le Président de l'EcoDémocratie, Mac Dollard. Sans plus attendre, voici l'interview du Président enregistré cet après-midi.


- Bonjour Monsieur le Président, c'est un honneur!


- Bonjour


- Première question, Monsieur, comment jugez-vous les deux premières semaines de votre second mandat?
- Mouvementées, dans le bon sens du terme au niveau intérieur par une relance des débats sur de multiple sujets et de façon bien moins agréable chez nos amis de la RPC, Rebecca y porter une attention toute particulière, comme je l'ai dit dans le communiqué envoyé à l'ambassade. Cette question ce ressemble à s'y méprendre au sondage que vous avez réalisé parmi vous téléspectateurs, vous comprendrez je pense qu'aucune réponse à ce dernier ne vous ai été donné par moi même.



- Comment évaluez-vous la situation actuelle de Prya?
- Cette suractivité est très bonne pour le pays, parmi la dernière vague d'immigration, il y a quelque citoyens dont le niveau d'implication et surtout le niveau de qualité de leur activité est excellent. Un problème risque de ce poser tout de même, tout ces débats sont un peu brouillons, le premier n'est pas encore fini que nous attaquons déjà le troisième, les sujets sont différent, il me faut impérativement prendre bonne note des thèmes abordé pour ne pas laisser certaines idées de côté.



- Quels sont les projets que le gouvernement va-t-il mettre en place dans l'immédiat?
- Au niveau de la culture, un énorme travail de recherche a été fait par l'un de nos nouveau concitoyen en matière d'histoire, par conséquent le site du musée d'histoire sera mis à jours. Après la mi juillet, on devrait revoir le festival du court-métrage, nous avons également discuté d'un nouveau concours, mais je ne peut pas vous en dire plus, tout n'est pas encore au point.

Au niveau des affaires étrangères, comme je l'avais dit pendant le débat qui c'est tenu sur une chaine concurrente pendant la campagne, pour l'heure M Agosto Velaz voyage actuellement pour apprendre à connaitre les nations que nous côtoyons dans certaines institutions intermicronationales.

En politique générale, il y a l'ensemble des lois existantes à relire, et à mettre à jour, les commissions subsiste dans certaine, d'anciennes lois n'ont pas été actualisé au moment de la dévaluation du Palmyr etc... Il y a également le code du travail qui a été évoqué, nous y réfléchissons mais ça ne pourra être "immédiat" comme le demande votre question donc je n'en parlerais pas.



- Une question de politique politicienne, quelle est votre impression concernant le retour de l'ADP sur la scène politique?
- J'en suis satisfais, évidement j'aurais préféré que ce soit le MLP qui connaisse de nouvelles adhésions mais si l'ADP est capable de tenir son rôle d'opposition il nous permettra surement de mieux expliquer nos actions. Vous savez quand il n'y a personne qui critique votre travail, la tendance est toujours de l'expliquer dans les grandes lignes seulement, là nous seront obligé d'aller au fond du sujet, c'est préférable pour Prya et les Pryans.



- Pour finir, une question plus people: votre femme, ambassadrice en RPC, est souvent absente, comment cela se passe-t-il au quotidien?
- C'est vrai que nous ne sommes pas tout les soirs ensemble mais son équipe à l'ambassade est très performante, ce qui lui permet de souvent être sur notre sol, ne serai ce que pour tenir sont rôle de gouverneur. (avec un grand sourire) Il y a une chose très positive quand même dans le fait qu'elle ai un emplois du temps chargé, elle ne pense pas à prendre exemple sur son amie Becky, je ne me sent vraiment pas l'âme d'un père pour le moment.


- Merci beaucoup, Monsieur le Président d'avoir accordé cet interview à Canal Prya.


A noter que depuis mercredi dernier, Canal Prya a lancé un sondage portant sur la question "Quelle note attriburiez-vous sur 10 au gouvernement de Mac Dollard pour ses débuts?"
Le résultat de ce sondage est très mitigé, puisqu'il obtient une note moyenne de seulement 5.5 sur 10 pour quatre pryans sondés. La raison de cette note moyenne est, selon les sondés, que le départ n'est pas aussi rapide qu'il devrait l'être et que les réformes n'arrivent pas. Cependant, la majorité des sondés a déclaré qu'il était également trop tôt pour réellement juger de l'activité du gouvernement de Mac Dollard.


Programme de l'ADP


Monsieur Camelinni a annoncé hier le nouveau programme de l'ADP dans un meeting au siège du parti. Ce programme s'axe sans surprises autour de thèmes déjà développés par Monsieur Camelinni durant la dernière campagne présidentielle.



Le premier point du programme dévoilé par Stan Camelinni est la mise en place d'une Union des Nations. Cette question fait l'objet d'un débat à Prya depuis maintenant quelques jours. Monsieur Camelinni a enfoncé le clou sur la question en déclarant que Prya devait être un leader du Micromonde dans ce domaine et mener le travail sur cette question. Toutefois, un problème semble se poser, comme le montre l'interview du Président et qui est que la création d'une telle organisation micromondiale ne semble pas être à l'ordre du jour du gouvernement pryan, ce qui rend plus compliquées les possibilités de l'ADP d'avancer sur ce projet, tant que le gouvernement ne souhaite pas se pencher sur la question.


La deuxième proposition du programme de l'ADP est la création de l'ANP, acronyme pour l'Aide aux Nouveaux Pryans, et qui consiste dans la volonté de l'ADP d'apporter un soutien aux nouveaux immigrants, avec notamment l'idée d'un parrainage, idée qui avait déjà été développée par le passé et même mise en place, mais qui n'avait eu qu'un succès très limité.


Un dernier point a mobilisé une bonne partie du discours de Stan Camelinni et qui concerne la nature de l'opposition que proposera l'ADP face au gouvernement du MLP Mac Dollard. Ainsi, Monsieur Camelinni a lourdement insisté sur le fait que l'ADP ne sera pas qu'une force d'opposition, mais aussi une force de proposition.


Au lendemain de ce discours, une question subsiste: quelle est la marge de manoeuvre de l'ADP dans la situation actuelle de Prya? La première réponse qui vient à l'esprit, c'est que l'ADP n'en a aucune. En effet, aucun membre de l'ADP n'est gouverneur ou député à l'Assemblée et, de surcroît, n'a aucune chance de le devenir prochainement, puisque Stan Camelinni habite à Tindali et Ernesto Rowlaixe à Zantavia, deux provinces où aucun poste de députés supplémentaires ne sont à pourvoir, contrairement à Kaora ou Siango qui peuvent, toute deux, disposer d'un député en plus du gouverneur actuel. Dès lors, l'ADP n'a, dans l'immédiat, que deux solutions: soit continuer à s'exprimer en place publique pour présenter leurs idées, avec le risque que cela n'aboutisse à rien de concret; soit essayer d'attirer de nouveaux membres qui pourraient donner à l'ADP une voix au sein de l'Assemblée pryanne. Néanmoins, la seconde solution semble très improbable au regard de la personnalité des gouverneurs déjà en place: Rebecca Dollard, qui n'est autre que la femme du Président Dollard et Max Morton, membre du gouvernement, ne sont pas évidemment des candidats possibles. Restent Alex Pireau, relativement absent à l'heure actuelle et Tropez Bano, dont on dit qu'il restera neutre sur la scène politique pryanne.
Ainsi, malgré la présentation du programme de l'ADP, il semble que l'ADP devra encore attendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois, pour pouvoir réellement avoir un poids sur la politique de Prya.


Début de Présidence difficile pour Harold Cromwell en RPC


Le 30 juin dernier, Harold Cromwell est élu Président de la République du Pays de Cocagne. Dès le lendemain, la polémique fait rage en RPC, suite au dévoilement par Mathieu Henson d'un message que lui avait transmis Harold Cromwell avant le vote. Dans ce message, Harold Cromwell lui écrit, entre autres: "Je suis candidat pour une présidence plus forte, plus droite ! Changeons de politique, ne laissons pas la gauche gagner !". Une telle déclaration n'aura pas une grande importante si Mathieu Henson n'était pas le plus virulent membre de l'extrème-droite en RPC, dont les positions ont très fréquemment choqué ses concitoyens. Immédiatement, un bon nombre des Cocagniens ont accusé Harold Cromwell d'avoir courtisé une extrème-droite dont les idées nauséabondes ont fait l'objet de plusieurs procès. Harold Cromwell s'est défendu en déclarant que ce message avait été envoyé à plusieurs citoyens Cocagniens et que le fait que Mathieu Henson reçoive ce message était une erreur de manipulation, ce qui a été démenti par l'intéressé lui-même qui affirme qu'il était le seul destinataire du message.


Cette polémique, tout à fait justifiée au regard de la personnalité de Mathieu Henson, s'est stoppée net suite au mutisme d'Harold Cromwell qui semble penser que son absence de réponse suffirait à faire oublier aux Cocagniens le fait qu'il ait essayé de séduire l'extrème-droite.


Par ailleurs, une autre polémique, toujours concernant Harold Cromwell, a agité la RPC, à propos du gouvernement nouvellement formé par le Président élu. En effet, ce gouvernement est composé de deux Cocagniens de bord opposé à celui du Président Cromwell. Ainsi, très rapidement, un débat enfla sur la trahison de ces deux personnes, nombre de Cocagniens trouvant que ces deux personnes n'avaient fait que se vendre au plus offrant.


Brèves people


- Selon des sources sûres, Tod Ruffin, Juge au Conseil Constitutionnel, aurait une tendance à porter les sous-vêtements de sa compagne, Becky, lors des réunions du Conseil. Un témoin aurait entendu, au Byyrghus ce midi, Tod Ruffin s'excusait auprès de Becky pour ses perversions.

- On raconte que Stan Camelinni garderait dans son bureau une immense affiche de campagne de Mac Dollard qu'il embrasserait chaque jour.

(Peine) Kpitale: L'ouverture de l'économie au monde

(Peine) Kpitale
Le magazine économique de Canal Prya
Second numéro
Présenté par Steven Playmobil





"Bonjour à tous les pryans férus d'économie,


Dans notre premier numéro, la semaine dernière, nous avons évoqué l'arnaque que représentait les émissions économiques. Vous avez été nombreux à nous écrire à propos du contenu de l'émission qui ne donnait pas assez d'informations. Nous souhaitons vous informer que, du fait des événements qui s'étaient déroulés sur le plateau, il nous a été impossible de diffuser l'intégralité de l'émission, ce qui explique son manque de contenu.

Cette semaine, nous allons vous proposer d'évoquer le thème de...Attendez, j'ouvre l'enveloppe, car comme la semaine dernière, je ne sais qu'au dernier moment quel est le thème...Donc, cette semaine, nous parlerons de l'ouverture de l'économie au monde!
Et comme la semaine dernière, nous recevrons Silvio Berluscono Korleone.


- Ravi de vous revoir, Monsieur Korleone. Je croyais que vous aviez dit la semaine dernière que vous preniez votre retraite.
- Et bien non, ce n'est plus le cas. J'ai eu une "discussion" avec Jack Attaly qui m'a...euh...fait changer d'avis...
- Ah très bien...Donc le thème de cette semaine sera l'ouverture de l'économie au monde.
- Voilà un thème intéressant!
- Première question: à votre avis, l'économie pryanne est-elle ouverte vers l'étranger?
- Tout d'abord, il convient d'expliquer le contexte historique. Prya a toujours été un pays fortement tourné vers l'économie. Depuis 2000, l'économie pryanne s'est considérablement développée et complexifiée. Au départ, les règles adoptées étaient les règles Schweinwaldiennes qui étaient en usage au Krassland; puis, petit à petit, les dirigeants pryans ont rajouté des réformes développant le système économique qui, aujourd'hui, a la forme d'EcoMicro et qui est unique dans le Micromonde. Maintenant, concernant l'ouverture de l'économie pryanne, je dois bien dire qu'elle ne l'est pas.
- Comment cela?
- Prya utilise le système EcoMicro, dont nous sommes les inventeurs. Toutefois, nous ne sommes pas les seuls à utiliser ce système: pêle-mêle, on y trouve le Royaume de Sverige, Fantispa, la République de Pays de Cocagne, ainsi que deux autres pays très mineurs. Pourtant, les échanges économiques avec ces autres nations sont presque nulles. Pour tout dire, il n'y a même pas de traité de libre-échange avec Fantispa et la RPC. En somme, Prya ne peut faire du commerce qu'avec le Royaume de Sverige.
- Quelles sont les raisons de cette situation?
- A vrai dire, c'est avant tout un problème du système EcoMicro en lui-même. Il est très facile pour une économie d'un grand pays de fonctionner en autarcie. Dès lors, il n'y a aucune raison de s'ouvrir à l'étranger s'il n'y a aucun besoin de le faire. Par ailleurs, sans leur jeter la pierre, on peut légitiment penser que les autres nations ne sont pas aussi intéressées par l'économie que l'est Prya, ce qui ne les pousse pas à être de fervents utilisateurs d'EcoMicro comme les pryans le sont.
- Quelles sont les solutions possibles?
- Une révision du système EcoMicro semble difficile et risquerait de chambouler une nouvelle fois un système qui l'a été bien trop souvent par le passé. A mon avis, la première chose à instaurer serait la création d'une zone de libre-échange entre les pays qui utilisent le système EcoMicro et qui rendrait possible les transactions entre chaque nation participante. De surcroît, il faudrait créer une instance de discussions économiques entre tous les participants; d'une part, pour discuter de la situation économique et, surtout, d'autre part, pour créer de vrais liens entre les entrepreneurs et pour qu'ils puissent partager les marchés. Cela simplifierait grandement les choses, car, à l'heure actuelle, pour proposer une offre à nos partenaires d'EcoMicro, il faut se rendre en avion dans leur pays pour leur en parler, ce qui est loin d'être pratique.
- L'heure n'est donc pas à la micromondialisation?
- Non, vraiment pas...

- Merci Monsieur Korleone d'avoir répondu à votre émission. (Peine) Kpitale s'arrête ici. A la semaine prochaine!

Survie, second épisode

EN EXCLUSIVITE CE SOIR, LE SECOND EPISODE DE LA MINI-SERIE "SURVIE"!

Retrouvez dès la semaine prochaine la suite de votre série "Survie" sur Canal Prya



Nous informons nos téléspectateurs que certaines scènes du programme qui suit peuvent s'avérer choquantes pour un public jeune et non averti.



Résumé de l'épisode précédent:
Une terrible catastrophe a frappé une ville qui a vu tout ses habitants de plus de vingt ans mourir en une nuit. Un jeune homme est le témoin de cette catastrophe incompréhensible. Il erre dans les rues de sa ville, à la recherche de ses proches. Malheureusement, durant son parcours, il tombe entre les griffes d'un groupe d'adolescents agressifs qui semblent avoir décidé que seule la violence valait la peine dans ce nouvel ordre. Sur le point de s'évanouir sous les coups, le jeune homme n'a qu'un réflexe de survie: celui d'abattre un de ses assaillants.



Le jeune homme baigne dans une mare de sang, où se mélange le sien et celui de sa victime. Il veut crier, il veut pleurer toutes les larmes de son corps, mais il n'y arrive pas, il est trop choqué par ce qu'il vient de faire. Dans un ultime effort, il arrive à se dresser sur ses bras , mais son estomac, retourné comme jamais, le trahit et il vomit sur le trottoir, avant de s'évanouir.
Le jeune homme, plongé dans une sorte de sommeil comateux, rêvait. En fait, de rêve, il s'agissait plutôt d'un cauchemar. Il revoyait ses parents à la table de la cuisine de la maison familiale, comme tous les jours depuis maintenant vingt ans à ce détail près qu'ils étaient morts. Il se revoyait courant dans les rues de sa ville, l'air hagard, le regard vide. Et il revoyait également cette scène où il se faisait battre à mort jusqu'à ce que son doigt presse la gâchette de son arme et que s'écroule, sans vie, l'un de ses agresseurs. Les têtes de ses agresseurs tournaient autour de lui, éclatant de grands rires sadiques, bientôt remplacés par une dizaine de reproductions de sa propre tête qui flottaient elles aussi, le visage tuméfié et le regard empli de toutes les flammes de l'Enfer.

Une main timide le secoue. Petit à petit, il sort de sa léthargie. La peur au ventre, il regarde tout autour de lui, certain qu'il s'agit d'un nouvel agresseur qui en veut à sa vie et à ses maigres possessions. Mais non, il n'y a personne. Sûrement que les quelques personnes qui sont passées par là ont dû détaler comme des lapins quand ils ont vu l'horreur de la scène. Le jeune homme entend des gazouillis. Il y a bien quelqu'un en fait: un nourrisson, d'environ un an. Ce doit être lui qui l'a secoué, ce qu'il a pris pour une main timide n'était que le résultat de la faible force d'un enfant aussi jeune. Le nourrisson, lui, est bien trop jeune pour saisir l'horreur de la situation et c'est avec une joie non dissimulée qu'il patauge dans la mare de sang qui tâche le trottoir. Le jeune homme le saisit par la peau du cou juste au moment où le bébé allait, semble-t-il, approcher sa bouche de la mare, sûrement pour s'abreuver du goût du sang. Il est tenté de laisser ce monstre assoifé de sang un peu plus loin, mais il réalise rapidement que ce qu'il prend pour un geste horrible est tout simplement normal: le bébé n'a pas dû boire depuis la veille, il voit un liquide et, logiquement, veut s'en abreuver.

Le jeune homme a décidé qu'il était temps de quitter ce lieu d'horreur et de reprendre sa route. Il hésite sur la marche à suivre avec le bambin et se demande s'il doit le laisser là. Cependant, une foule de remords l'envahisse, il vient de tuer un garçon d'une balle en pleine tête, il ne peut pas laisser l'enfant là, livré à une mort certaine.. D'un geste sec, il le prend et le tient au creux de son bras gauche. Encore sous le choc, il ne se rend pas compte du poids de l'enfant qui l'aurait épuisé, en temps normal, en quelques minutes.

La maison de son ami est toute proche, il le sait et se remet à marcher de vive allure, malgré la charge supplémentaire que représente l'enfant. Les rues sont bien plus calmes que le matin même. Les nourrissons ont compris que pleurer toutes les larmes de leurs corps ne suffira plus à amener l'attention d'un adulte sur eux. Mais, surtout, c'est la chaleur étouffante, très inhabituelle pour un mois de février qui a dû cloîtré chez eux la plupart des personnes. Le jeune homme avance lentement, il se sent épuisé et, surtout, il doit fréquemment enjamber les corps de dizaines de personnes qui jonchent le trottoir. Beaucoup de ces personnes sont visiblement mortes sur place, lorsque la catastrophe a frappé, mais il lui apparaît clairement aussi que des corps ont été jetés par les portes et les fenêtres des demeures qui bordent les rues. Les vivants ont déjà commencé à se débarasser des morts.

Le jeune homme, portant toujours le bambin, est arrivé devant chez son ami. Frénétiquement, il tambourine sur la porte. La peur qu'il avait de revoir ses amis et qui l'habitait encore le matin même a maintenant totalement disparu, l'urgence de la situation l'ayant vidé de ce genre de sentiments handicapants. Il voit un rideau se soulever et quelqu'un le fixait, il ne le reconnaît pas. Quelques secondes plus tard, la porte s'ouvre et en surgissent trois hommes, visiblement furieux, qui lui sautent dessus. Essayant tant bien que mal de protéger l'enfant qu'il tient, il tombe à terre, tandis que la lame effilée d'un couteau se retrouve bien vite appuyée sur sa gorge.

"Mat, putain, arrête, c'est moi, Jean!" crie le jeune homme. Sa première pensée est que ses amis ne lui pardonnent pas ce qui est arrivé à son meilleur ami et veulent le faire payer pour être responsable de sa mort. Mais, il chasse cette idée et comprend de suite pourquoi ils réagissent ainsi. Ils ne l'ont pas reconnu et, pour cause, son visage et ses habits sont recouverts du sang de l'adolescent qu'il a abattu et du sien qui a coulé par ses plaies. Au lieu de le reconnaître, ses amis n'ont vu en lui qu'une forme sanguinolente.

"Mat! Pierre! C'est moi, Jean!" crie-t-il à nouveau aux deux amis qu'il a reconnu. Petit à petit, l'étreinte qu'ils exerçaient sur lui se relâche, le couteau sous sa gorge s'éloigne. Malgré le sang qui cache son visage, ils l'ont reconnu. Ils sont maintenant debouts, autour de lui. Jean sait que c'est le moment de vérité, il se demande s'ils vont l'aider ou l'abandonner pour le faire payer de ses erreurs. Une main charitable est tendu vers lui, il la saisit et s'en aide pour se relever. L'un d'eux, avec ce qu'il semble être de l'émotion, le serre brièvement dans ses bras.

- Merde, Jean, tu nous as fait peur! On a failli te tuer!
- Faut pas faire ça, mec, arriver plein de sang chez les gens...Allez, entre...

Jean est soulagé. S'il avait craint être mal accueilli, ce n'était pas le cas. Lentement, il suivit ses amis à l'intérieur de la maison. Ou plutôt de ce qui fut une maison et qui n'est plus qu'un joyeux capharnaüm. Plus d'une dizaine de sacs remplis de vêtements et de provisions encombrent l'entrée. Des bruissements de conversation, des cris, des pleurs et des bruits de course lui parviennent de tous les recoins de la maison. Il est difficile de trouver de la place, ne serait-ce que pour avancer, tellement la maison est remplie de monde. Finalement, les trois personnes qui lui avaient réservé l'accueil spécial dont il a eu droit et lui arrivent dans la cuisine, qui forme visiblement un havre de paix dans cette maison.

"On a interdit aux enfants de venir dans la cuisine. Ils pourraient chiper de la nourriture et, au moins, ça nous fait un endroit au calme" lui dit Mathieu, alias Mat, le propriétaire de la maison, tout en lui tendant un linge mouillé que Jean prend avec gratitude. Il commence à se nettoyer grossièrement le visage, alors que Mat continue à parler: "Ils sont tous venus ici, je ne sais pas pourquoi. C'est la maison la plus grande et il y a une piscine, mais maintenant, avec toi et ton gosse, on est presque vingt, ça commence à faire beaucoup. On est tous allés chercher nos petits cousins ou nos neveux, c'est pour ça que ça gueule là-haut.". Jean hoche la tête: effectivement, vingt personnes dans une maison avec seulement trois chambres, c'est beaucoup.

Après plusieurs minutes où il se frotte frénétiquement le visage, Jean peut enfin s'asseoir sur une chaise. En plus des trois premiers qui l'ont accueilli, d'autres personnes sont entrées. Il y a Mathieu, le propriétaire et accessoirement un grand échalas maigrelet qui fait des études de droit. A côté de lui, se trouve Pierre, celui que Jean avait reconnu quand il le maintenait à terre, et qui ressemble à un lutain bouffi avec son mètre 60 et ses 85 kilos. Le troisième du comité de réception n'est autre que Simon que Jean ne connaît que de loin (Et pour cause, c'est un géant) et qui fait des études d'ingénieur. Pêle-même, parmi les nouveaux arrivants dans la cuisine, il reconnaît Aurélie, la soeur aînée de Mathieu, qui, les dieux sont loués, est une interne en médecine qui ne s'embarasse pas des présentations et se jettent sur lui pour soigner ses blessures. Il y a également Kévin et Vincent, deux autres amis qu'il n'a pas revu depuis près de trois ans.

Ils ont visiblement tous envie de savoir pour quelles raisons Jean est arrivé dans cet état. Succintement, il leur explique, essayant de rassembler tout ses souvenirs pour leur faire un récit complet jusqu'au grandiose final:

- C'est là que j'ai sorti mon flingue et que je lui ai tiré dessus...
- T'as un flingue?!?

Sans un mot de plus, Jean sort le premier pistole qu'il a utilisé tout à l'heure et qui est recouvert de sang et le pose sur la table. Lentement, il prend ensuite son sac et en extirpe la deuxième arme qu'il a trouvé dans la voiture de police. Tout aussi silencieusement, Mathieu et Simon prennent chacun une des armes et les enfournent dans leur poche.


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Quelques jours ont passé depuis l'arrivée de Jean dans la maison. Depuis la perte de ses deux pistolets, il a essayé de se faire le plus petit possible et de se rendre utile. Il a bien compris que le fait que Mathieu et Simon lui prennent ses armes sans lui laisser le choix avait pour but de lui faire comprendre qu'il ne dirigeait rien en cette maison et que les mâles dominants n'étaient autre que Mathieu et Simon. Jean n'avait pas essayé de résister, il savait qu'il n'était pas de taille. Et puis, il avait un autre problème, de bien plus grande importance. En effet, il avait été décidé dans la maison que la distribution de nourriture se ferait en fonction de l'apport initial qu'on avait fait. Comme Jean, ainsi que le garçonnet qu'il avait ramené et qu'il avait prénommé Robert, comme son père, était arrivé dans la maison avec aucune vivre, ils étaient toujours les derniers à recevoir leurs rations. Robert n'avait que quelques miettes de légumes à se mettre sous la dent, tandis que Jean, s'il avait eu le droit à quelques morceaux de viande les premiers jours, puisqu'il fallait manger tout ce qui était périssable, faute d'électricité, n'avait maintenant plus le droit qu'à trois ou quatre pommes de terre par repas. La conséquence de ces privations se firent rapidement sentir: Jean était continuellement épuisé, même s'il continuait à effectuer ses tâches à l'intérieur de la maison comme Mathieu et Simon l'obligeaient, alors que Robert, le pauvre enfant, passait la majeure partie de son temps à dormir.

Outre la nourriture, l'eau posait également problème. Mathieu possédait bien une piscine dans le jardin de la maison, mais il avait été décidé qu'elle ne servirait qu'à être bu. Simon, lui, avait déclaré qu'en raison de ses études d'ingénieur, il lui serait très facile de fabriquer un alambic pour purifier l'eau qu'ils trouveraient. Après plus d'une journée de bricolage dans la cave de la maison avec tous les récipients en verre qu'il avait pu trouver, il ne livra qu'une très pâle copie d'alambic qui, s'il fonctionnait, ne produisait qu'une eau saumâtré, proprement imbuvable. La conséquence de ce rationnement de l'eau était qu'en plus d'une semaine, aucun d'entre eux ne s'était lavé et qu'une réelle puanteur s'élevait de la maison qui était très largement accrue par la présence dans la maison d'une dizaine d'enfants, dont les plus jeunes étaient rarement changés, tandis que les autres avaient pris l'habitude de faire leurs besoins un peu partout. Il n'était pas rare, alors que Jean travaille dans le jardin qu'il marche sur une déjection humaine, laissée là par un de ces pouilleux de garnement. Aurélie, la soeur de Mathieu, en tant que seule fille de plus de douze ans de la maison, avait été d'office chargée de s'occuper des enfants, tâche qu'elle avait bien vite abandonnée devant l'impossibilité de canaliser l'énergie d'une telle bande qui était obligée de rester confinée à l'intérieur de la maison. Le seul et unique avantage, en matière de salubrité de la maison, est que personne n'y était mort, les parents de Mathieu et d'Aurélie n'étant pas en ville quand la catastrophe était survenue.

Deux autres personnes les avaient rejoint. Il s'agit d'Henri et de Charles, deux frères qui étaient les cousins d'environ 18 et 17 ans d'Aurélie et de Mathieu. Après Aurélie, Jean était le plus âgé de la maison, mais ce n'était pas le plus important. En effet, Henri et Charles venaient d'une autre ville que la leur et étaient venus ici puisqu'Aurélie et Mathieu étaient la seule famille qu'ils leur restaient. Leur arrivée leur permit de savoir une chose: que ce n'était pas seulement leur ville qui avait vu tous les adultes être décimés, mais l'ensemble des villes. Henri et Charles avaient marché pendant plus d'une trentaine de kilomètres et, durant ce trajet, le constat était partout pareil: tous les adultes étaient morts.

Jean était conscient de la précarité de sa situation. Il était considéré comme un sous-fifre à l'intérieur de la maison et il était bien conscient que si la situation perdurait, la faim et la soif l'auraient tué au bout d'une ou deux semaines de plus à ce régime. Néanmoins, une chose le consolait, avec l'arrivée d'Henri et de Charles, le total des occupants de la maison était de 23. Malgré le strict rationnement en place, les provisions de nourriture diminuaient à vue d'oeil. Ce n'était plus qu'une question de jours avant que toutes les provisions aient été mangées. C'est pourquoi Mathieu et Simon, les dirigeants auto-proclamés de la maison, convoquèrent tous les adultes, ou plutôt tout ceux qui étaient considérés maintenant comme des adultes, c'est-à-dire tout ceux ayant plus de douze ans, à une réunion. C'est ainsi que se réunirent, dans la cuisine, treize personnes de Gaëlle, 13 ans, à Aurélie, 20 ans.

- La situation est grave. Nous sommes trop nombreux et nous n'aurons bientôt plus de nourriture, commença Mathieu
- Nous avons deux choix: soit on va trouver de la nourriture à l'extérieur, soit on vire certains d'entre vous, renchérit Simon

Jean ne se faisait pas d'illusion, il savait qu'il ferait partie des premiers exclus. Aurélie, elle, aut un hoquet de surprise, sachant très bien que parmi les autres victimes, se trouveraient tous les enfants n'étant pas de la famille de Mathieu ou de Simon. L'idée des deux dirigeants étaient clairs: les enfants étaient des bouches inutiles à nourrir, alors s'ils n'avaient aucun attachement envers eux, il n'y avait aucune raison de les garder. Tous les deux se préparaient à livrer bataille contre Mathieu et Simon contre leur idée d'exclure des habitants, mais il s'avéra que l'ensemble des autres habitants étaient de leur avis et qu'il fallait essayer de trouver de la nourriture supplémentaire avant de prendre des décisions extrèmes.

"Bien, il y a un supermarché pas loin. Simon, Pierre, Henri, Charles et Jean, prenez des sacs et une arme, on part tout de suite" conclut Mathieu.

Jean, heureux de la tournure des événements, se leva précipitamment et entreprit de préparer ses affaire. Quelques minutes plus tard, il avait un sac à dos, pour prendre des provisions, un couteau à la ceinture et aussi une masse rudimentaire, composée d'un bout de bois à l'extrémité duquel il avait essayé d'attacher le plus solidement possible une pierre. Tous les autres s'étaient équipés pareillement, avec des couteaux et même une vieille épée pour Charles. Ils étaient prêts à se battre, car, même s'ils n'étaient pas sûrs de devoir le faire, chacun d'eux avait entendu les cris qui perçaient chaque nuit, provenant des maisons qui étaient pillés par des bandes organisées.

En file indienne, avec Mathieu et Simon, pistolet au poing, en tête, le groupe se mit en route vers le supermarché voisin. Le parcours fut plus que pénible et épuisant. La chaleur était toujours aussi forte et était accentuée par le masque qu'ils étaient obligés de porter pour se protéger de l'odeur fétide et maintenant très forte des corps en décomposition. Il fallait enjamber des dizaines de corps, voire même rebrousser chemin quand une rue leur parut complètement impraticable, les gens ayant décidé d'y entasser les corps de leurs parents décédés.

Au bout d'une heure, ils avaient réussi à parcourir les trois kilomètres qui les séparaient du supermarché. Ils n'avaient pas fait un pas à découvert qu'une balle faucha Pierre, le clouant au sol. Il n'était pas mort, mais, tout de même, sérieusement blessé. Apparemment, le supermarché était occupé par une autre bande. Ils restèrent tous interdits, ne sachant que faire et attendant la prochaine salve, mais rien ne vint. Alors, comme des furies, le petit groupe se rua sur le supermarché.

Le premier des opposants à tomber était justement le tireur, caché dans un bosquet. Par chance, son arme semblait s'être enrayée, l'empêchant de tenir à distance le petit groupe. D'un mouvement presque naturel, Simon leva son arme et lui tira dessus, l'abattant de trois balles dans le ventre.

Jean assistait à la scène comme un zombie. Il voyait ses camarades truicider littéralement les occupants du supermarché qui avaient été surpris par leur attaque et purent opposer qu'une pitoyable résistance. Mathieu et Simon arrosait leurs adversaires d'une pluie de balles qui faucha plusieurs d'entre eux; Charles, avec son épée, semblait sorti tout droit du Moyen-Âge et donnait maints coups d'épée à droite et à gauche, blessant deux ou trois adversaires et en tuant même un, le décapitant à moitié; Henri, quant à lui, se précipitait sur les blessés pour les achever. De son côté, Jean, lui, restait caché derrière un arbre, il refusait de regarder ses amis, ses camarades se transformaient en monstres assoiffés de sang. Jamais il n'avait imaginé qu'un être humain puisse se transformer ainsi pour défendre sa vie.

L'affrontement ne dura pas plus de deux minutes. La victoire était éclatante. A part Pierre qui avait reçu une balle dès le début du combat et Henri qui avait reçu un coup de couteau dans la jambe de la part d'un blessé qu'il voulait achever, ils étaient tous indemnes. Sans attendre, le pillage commença. Visiblement, ce petit groupe s'était également livré au pillage chez d'autres personnes, parce qu'il y avait une quantité incroyable de provisions, bien plus qu'un supermarché ne contenait normalement et bien plus qu'ils ne pouvaient en porter. Jean, lui, était allé chercher Pierre. Il n'avait reçu qu'une balle dans l'épaule finalement et Jean s'employait à stopper l'hémorragie quand il remarqua que Mathieu le regardait fixement.

"Viens ici, Jean!" lui ordonna Mathieu! "J'ai vu que tu n'as pas participé au combat...T'es un putain de lâche!"

Jean ne savait pas quoi répondre. Il ne connaissait pas la réponse à cette question. Il était peut-être lâche, mais il avait été aussi complètement paralysé par la violence de ses amis.

"Tue le" lui dit Mathieu en lui tendant un couteau d'une main et en pointant un prisonnier encore vivant de l'autre. "On ne peut pas laisser de survivants!". Jean, encore une fois, était sous le choc, presque au bord des larmes. La semaine précédente, il avait dû tuer quelqu'un, mais ça avait été une question de vie ou de mort, soit lui, soit ses agresseurs.

"Tue le ou tu y passes aussi" lui répéta Mathieu en lui mettant le couteau dans la main.