Tête-à-tête avec Tod

Voix-off : Une émission présentée par Tod Ruffin

Bonjour à tous et bienvenue à l’occasion de cette émission exceptionnelle sur Canal Prya durant laquelle nous allons découvrir le propriétaire des lieux, j’ai nommé M. Ernesto Rowlaixe, je vous demande de l’accueillir.
Bonjour M. Rowlaixe.
Bonjour M. Rowlaixe.

Soyons sincères avec les téléspectateurs qui nous regardent, vous avez émis le souhait que je vous interview lors d’une émission spéciale. Pourquoi avoir effectuer une telle démarche ? Quelles sont vos volontés à organiser une interview ? Est-ce une simple volonté de communication afin de vous imposer dans le paysage audiovisuel et politique du pays ?
Canal Prya, à l'heure actuelle, est l'un des rares médias encore en place de nos jours à Prya, même s'il est encore dans une période de sommeil. Dès lors, avec l'approche de nouvelles élections, il me semblait légitime de commencer à discuter de la chose politique au sein de ma chaîne pour que les citoyens Pryans puissent pouvoir regarder des émissions présentant une vision critique de la scène politique au lieu des discours politiques, qui, souvent, ne reflètent qu'une réalité. Toutefois, il est clair qu'il y avait un problème et que j'aurais été taxé d'un manque d'objectivité si j'avais été interviewé par un journaliste que j'emploie. Cela n'aurait été qu'un exercice de communication et non pas une vraie interview. C'est pourquoi j'ai fait appel à vous, Monsieur Ruffin, qui êtes reconnu comme un des plus brillant journaliste Pryan. Dès lors, avec vous comme intervieweur, je serais traité comme n'importe quel autre homme politique, même si cette émission est diffusée sur ma chaîne et nous présenterons au Pryan une vision objective de mon programme pour l'ADP et pour la Province de Kaora.
Canal Prya, à l'heure actuelle, est l'un des rares médias encore en place de nos jours à Prya, même s'il est encore dans une période de sommeil. Dès lors, avec l'approche de nouvelles élections, il me semblait légitime de commencer à discuter de la chose politique au sein de ma chaîne pour que les citoyens Pryans puissent pouvoir regarder des émissions présentant une vision critique de la scène politique au lieu des discours politiques, qui, souvent, ne reflètent qu'une réalité. Toutefois, il est clair qu'il y avait un problème et que j'aurais été taxé d'un manque d'objectivité si j'avais été interviewé par un journaliste que j'emploie. Cela n'aurait été qu'un exercice de communication et non pas une vraie interview. C'est pourquoi j'ai fait appel à vous, Monsieur Ruffin, qui êtes reconnu comme un des plus brillant journaliste Pryan. Dès lors, avec vous comme intervieweur, je serais traité comme n'importe quel autre homme politique, même si cette émission est diffusée sur ma chaîne et nous présenterons au Pryan une vision objective de mon programme pour l'ADP et pour la Province de Kaora.
Est-ce que cela veut dire que votre chaîne est prête à accueillir d'autres acteurs de la vie politique, qui n'aurait pas la même vision que vous ? Est-ce que cela pourrait être un engagement de votre part ?
Monsieur Ruffin, vous souvenez-vous de la discussion que nous avions eu après mon engagement en politique? J'avais déclaré qu'en aucun cas la politique de Canal Prya changerait et qu'elle ne deviendrait pas une chaîne pro-ADP. Jusqu'à preuve du contraire, à l'heure actuelle, Canal Prya reste une chaîne objective. De ce fait, si un responsable politique d'un autre bord que le mien souhaite s'exprimer sur Canal Prya, l'antenne est libre pour qu'il puisse s'exprimer.
D'ailleurs, Monsieur Ruffin, si vous souhaitez mener d'autres interviews pour Canal Prya, j'en serais plus que ravi.
Nous allons retracer votre parcours. Vous avez acquis la citoyenneté en juin 2009. Très rapidement, vous avez proposé des thèses presque toutes tournées sur notre Histoire. C’est une passion ? Est-ce que c’est une ambition pour vous de rentrer dans l’Histoire du pays ?
L'Histoire est effectivement ma passion, mais ce n'est pas seulement cela. Je considère comme très important d'apprendre les leçons du passé pour aller de l'avant et faire progresser Prya. Pour devenir un bon dirigeant, il faut impérativement connaître son passé.
Pour autant, il serait vaniteux de dire que je veux entrer dans l'Histoire de Prya. Si contribuer à Prya, proposer de nouvelles idées, voire les mettre en place, c'est rentrer dans l'Histoire, dans ce cas, je suis heureux de le faire, mais cela n'est nullement le but que je poursuis, qui est plutôt de faire de Prya un pays vivant et agréable à vivre.
Vous vous êtes également très vite investi dans le domaine médiatique avec Canal Prya. N’avez-vous pas peur qu’on vous reproche le dualisme : investissement dans le monde journalistique / médiatique et dans la politique ? Ne sont-ils pas incompatibles ? Vous nous avez expliqué que Canal Prya se voulait objective, mais ne pensez-vous pas tout de même que cela puisse conduire à de graves dérives ?
Je ne pense pas que ces deux fonctions sont totalement incompatibles. Il est vrai qu'une telle combinaison peut mener à des dérives qu'elles soient graves quand une chaîne est utilisée d'une manière propagandiste ou mineures quand une information est traitée avec un point de vue relativement subjectif de la part des journalistes qui, même s'ils n'ont reçu aucune consigne dans ce sens, essayent d'aller dans le sens de leurs dirigeants. Prya a plus ou moins connu ce cas il y a quelques années avec la Gazette de Kaora quand son rédacteur en chef était Fred Chopin qui avait donné un ton très pro-MLP à son journal.
Pour autant, je pense que cela n'arrivera pas à Canal Prya. Tout d'abord, comme je vous l'ai dit, j'ai toujours fait en sorte de maintenir une séparation stricte entre ma vie politique et ma vie médiatique. Ensuite, je rappelle que Canal Prya est avant tout une chaîne de divertissement, proposant des séries, des films et des jeux, tandis que les émissions politiques ont leur place sur l'antenne que de manière ponctuelle. Dès lors, même si je ne suis pas devin, je pense que jamais Canal Prya ne deviendra un objet de propagande de l'ADP.
D’une façon générale, quelles sont les ambitions de Canal Prya pour l’avenir ?
Le projet actuel de Canal Prya est une reprise progressive de son activité. Elle devrait arriver dans le courant du mois de janvier. Cela commencera par un retour de la série "Survie" et le lancement de nouveaux jeux.
Vous avez récemment affirmé que vous ne désiriez pas vous investir dans un groupe médiatique public. Pourquoi ? N’avez-vous pas peur que l’on suppose que vous voulez garder les commandes sur l’orientation de l’information ? D’un point de vue divertissement, pourquoi rechignez-vous à céder les droits de vos émissions au service public ?
Il ne s'agit pas d'une question d'orientation de l'information. Si vous vous souvenez bien de la discussion de l'époque, on m'avait clairement indiqué que, même si c'était un média public, j'aurais pu décider moi-même de la ligne éditoriale en matière de politique. De ce fait, si cela avait été mon unique but, je n'aurais eu aucune réticence à accepter cette proposition.
Quant à la question des divertissements, ce n'était pas vraiment une question de passer les droits de mes émissions au service public. Je n'aurais aucun problème à céder ces droits si une proposition m'était communiquée. Par contre, à l'époque, j'avais effectivement rechigné à travailler pour une chaîne publique pour une question de droits. En effet, on considère, en temps normal, que la production, même intellectuelle, d'un salarié appartient à l'entreprise. Je ne voulais pas que les droits de mes émissions appartiennent à une chaîne dont je n'étais pas le propriétaire et qui, dès lors, aurait pu faire ce qu'elle voulait de mes émissions. Néanmoins, ce n'est qu'un détail, il n'y a pas réellement de quoi polémiquer sur cette question.
Toujours en juin dernier, vous aviez pris les commandes de la Croix Verte que vous aviez fait avancer en la dotant d’une charte. Que retirez-vous de cette expérience humanitaire ?
Il est difficile de tirer des enseignements de mon expérience à la tête de la Croix Verte. A mon avis, j'y suis resté trop peu de temps pour émettre un jugement définitif.
Toutefois, je me souviens de deux choses: le sourire des rescapés du crash du vol d'Air Prya et aussi la frustration du manque de moyens accordés à la Croix Verte.
Justement, revenons sur ce triste épisode : A l’occasion de ce crash, la Croix Verte avait été fort active. Il était question d’une enquête effectuée par une Commission qui n’a jamais vu le jour. Comment expliquez-vous cet état de fait ? Demandez-vous aujourd’hui, qu’une commission soit créée afin de permettre une enquête sur le déroulement des opérations des secours et des raisons qui ont conduit à cette catastrophe ?
J'imagine que la cause de cette non-création de la Commission est une conséquence de ma disparition. Si j'avais été présent, je n'aurais pas abandonné cette enquête qui me semble vitale quant aux forces et faiblesses d'Air Prya, de la Croix Verte et de nombreuses entités Pryannes vieillissantes. C'est également un des symptômes des institutions actuellement en place à Prya qui vit dans l'instant et oublie trop vite le passé. Les projets à long terme, tout ce qui prend, en général, du temps, est très rarement mis en place.
Pour revenir à la Commission que j'avais proposé, il me semble vital, comme je l'ai dit, qu'elle soit mise en place. Au cas où elle ne voit pas le jour prochainement, je réitérais ma demande.
Avez-vous fait des erreurs lors de cette mission de sauvetage et plus généralement à la tête de la Croix Verte ?
Etant un des acteurs principaux de cette tragédie, je ne peux pas juger de ma propre action. Ce sera à la future Commission de la juger.
Est-ce que vous envisagez de reprendre les commandes de l’ONG ?
J'avoue ne pas y avoir pensé pour le moment. Il y a une maladie, malheureusement nécessaire, à Prya qui est le cumul des fonctions. La majorité des Pryans occupe deux, trois, quatre, voire encore plus d'emplois. S'il est faisable, pour certains, de remplir correctement chacun de ces emplois, j'avoue émettre des réserves me concernant. Je préfère me concentrer sur mes emplois actuels de directeur de Canal Prya et de Secrétaire Général de l'ADP, ainsi que, si les Kaorans m'accordent leur confiance, de Gouverneur de Kaora. Il me semble plus honnête de remplir à 100% deux ou trois fonctions que d'en cumuler cinq ou six et de ne se donner qu'à 50% pour chacune d'entre elles.
Néanmoins, il est important pour moi de voir la Croix Verte perdurer, se développer et se doter de vrais moyens pour agir. Si j'ai la chance d'en prendre à nouveau la tête, je me consacrerais totalement à l'achèvement de ces objectifs.
Durant cet été, vous avez disparu mystérieusement. Souhaitez-vous revenir sur cet épisode ? Que vous est-il arrivé ?
Tout cela est encore très douloureux pour moi. J'avoue essayer de mettre derrière moi ce tragique épisode de ma vie, plutôt que de le ressasser continuellement. Tout ce que je peux vous en dire, c'est ce que j'ai déjà évoqué: j'ai été enlevé par des forces inconnues, soumis à des tortures mentales et un lavage de cerveau, puis libéré.
En juillet, vous avez été l’éphémère gouverneur de Kaora et l’ambassadeur de Prya en Sverige où vous aviez annoncé un bal qui n’a jamais eu lieu. Retirez-vous des regrets de ces expériences ? Ne sont-ils pas des échecs ?
Concernant mon expérience d'ambassadeur auprès du Royaume de Sverige et plus particulièrement l'échec du bal que j'avais proposé, je tiens à rappeler qu'il n'était dû en rien à ma disparition. En effet, ce bal était organisé à l'origine durant la période dite de "gel" de Sverige. L'organisation du bal, en cette période, étant possible, j'ai été contraint de l'annuler. La responsabilité de cet échec, car il s'agit bien d'un échec, n'est absolument pas mienne.
Par contre, je considère qu'effectivement, ma courte période où j'ai eu la chance d'être Gouverneur de Kaora est un échec qui m'est entièrement imputable. Certains de mes soutiens diront que la responsabilité n'est pas mienne, puisque je ne suis pas responsable de ma disparition. Néanmoins, je ne peux m'empêcher de regretter de ne pas avoir pu mettre en place les projets que j'avais conçu.
A quoi attribuez-vous cet échec à la tête de Kaora ?
Il semble clair que mon enlèvement est la principale cause de mon échec à Kaora. Difficile de mener une quelconque action politique quand on est attaché, bâillonné et battu dans une cave dans un pays inconnu.
Mais vous nous avez dit précédemment le contraire ?? Votre seul enlèvement expliquerait donc votre échec ?
C'est assez difficile à expliquer. Mon enlèvement explique mon échec, soit. Mais je ne peux m'empêcher de me tenir responsable pour avoir déçu les Kaorans.
Vous êtes de nouveau candidat au poste de Gouverneur de la Capitale. Quelles sont les propositions concrètes que vous promettez aux Kaorans de mettre en place ?
Je n'entrerais pas dans les détails de mes propositions, dont je conserve la primeur pour les Kaorans lors de la campagne que je mènerais dans la capitale.
En résumé, je promets aux Kaorans de remettre aux normes écologiques la capitale, de leur proposer une vie culturelle et des événements ponctuels qui sont trop souvent oubliés. Je trouve dommage que Kaora, la Province la plus peuplée de notre nation, propose si peu d'activités culturelles et je tâcherais d'y remédier. Être Gouverneur, c'est, certes, être le gérant de la Province, mais être également le pilier de la communauté et d'être un véritable acteur de la vie provinciale.
Votre successeur à la gouvernance de Kaora est votre opposant politique, le Secrétaire Général du MEDEP. Que pensez-vous de sa première mandature ? Quels sont les qualités et les défauts que vous citeriez en parlant de lui ?
Son premier mandat est loin d'être mauvais. Il a su faire preuve d'initiative et lancer de nouvelles idées, sans oublier de faire preuve d'une gestion plus que correcte. Son bilan peut être bon. Mais il est possible de faire mieux, beaucoup mieux. Comme je vous l'ai dit précédemment, la majeure partie de mon action, si j'ai l'honneur d'être élu, serait culturelle. Or, Monsieur Bekagne est loin d'être un modèle dans ce domaine.
Quant à ses défauts, je dirais, en premier lieu, l'impulsivité. Il est relativement impossible de mener une discussion intelligente avec lui, puisqu'à la moindre critique, il mordra. Dès lors, malgré toute la bonne volonté dont il fait preuve, il me paraît être un dirigeant incapable de mener une action juste et sensée.
Et ses qualités M. Rowlaixe ? Vous ne lui en trouvez pas ?
Malheureusement, mis à part sa bonne volonté, Monsieur Bekagne n'a pas fait montre d'autres qualités.
Sa popularité semble être relativement raisonnable. Craignez-vous un revers qui pourrait alors vous affaiblir politiquement ?
Je crains un revers, c'est certain, mais je doute qu'il en résulterait un quelconque affaiblissement politique. Devenir à nouveau Gouverneur de Kaora est un pari difficile. Kaora compte, parmi ses habitants, de nombreux membres du MEDEP ou ses soutiens. Qui pourrait me reprocher une défaite alors que la majeure partie de la population Kaoranne est étiquetée MEDEP? Pour autant, cela ne veut pas dire que je m'avoue vaincu. Je me battrais jusqu'au bout et si, au final, la défaite est au rendez-vous, j'aurais tout de même la satisfaction d'avoir fait de mon mieux pour avoir prouvé aux Kaorans que je suis un meilleur candidat que Marjan Bekagne.
Vous nous l’avez dit, vous ne souhaitez pas revenir sur l’épisode de votre enlèvement. Néanmoins, est-ce que les pryans peuvent-être totalement rassurés sur votre état de santé mental ?
Je peux vous confirmer que, selon les médecins de l'hôpital de Zantavia, mon état mental est tout ce qu'il y a de plus normal.
Vous avez repris l’ADP en main que votre ami Stan Camelinni avait abandonné. Pourquoi avoir repris un parti qui symbolisait la démocratie participative dans un régime présidentiel fort ?
Historiquement, l'ADP n'a pas toujours été le parti de la démocratie participative. Notre parti a été crée sous un régime présidentiel identique à celui que nous connaissons à l'heure actuelle et a existé plus longtemps sous un régime présidentiel que sous celui de la démocratie participative. Il est mal venu de percevoir l'ADP que sous la lumière de la tentative de démocratie participative. Certes, notre parti en fut à l'origine, mais doit-il n'être vu que comme cela? Est-ce qu'on a continuellement considéré le MLP, qui n'était que le MIP sous un changement de nom, comme un parti dictatorial comme celui de Ban Kok? Il me semble que ce ne fut pas le cas. Je demande donc la même clairvoyance à l'égard de l'ADP et que nos concitoyens fassent la part des choses.
L'ADP ne défend plus une démocratie participative, mais en reprend certains aspects. L'héritage le plus important, à l'heure actuelle, est le refus du blocage de Prya mis en place par le MEDEP, qui essaye d'empêcher de nouveaux citoyens, comme Edgar Krilenko, d'accéder au Parlement et, dès lors, de garder le pouvoir entre les mêmes mains, qui se sont pourtant montrées incompétentes.
M. Rowlaixe, M. Rowlaixe, l'ADP a surtout été créée pour s'opposer à Ban Kok et au MIP. C'était son premier but. Le second avait été de permettre aux pryans de "se diriger" ou plutôt de "s'auto diriger". L'ADP a donc définitivement tourné la page de cette démocratie participative ? Pourquoi M. Camelinni demande l'avis des pryans sur son prometteur projet TransPryan ? N'est-ce pas des réminiscences de la démocratie participative, la difficulté pour les membres de l'ADP de mettre en oeuvre leur projet et de les assumer ? Et enfin, pourquoi l'ADP n'a-t-elle pas changée de nom - comme l'a fait le MIP / MLP - afin de marquer son changement de cap ?
Penser que l'ADP ne se résume qu'à deux périodes, l'ère Kokienne et la démocratie participative, serait une erreur. Il y a eu plus de deux ans entre ces deux périodes. Durant cette époque, sous l'égide de Martin Dutois, l'ADP s'est fait fort de mettre fin à la tendance qu'a connu Prya de n'avoir toujours qu'un parti ultra-dominant à sa tête et a tenté de prôner l'ouverture vers toutes les tendances. Que ce soit avant Ban Kok, pendant Ban Kok, sous le règne récent du MLP ou celui actuel du MEDEP, Prya est dirigé par une seule et même caste qui ne tolère qu'une opposition mesurée et n'a cure des projets qui ne sont pas proposés par les membres de la dite caste. On le voit bien, aujourd'hui, où la majorité des projets de l'ADP sont envoyés aux orties parce qu'ils proviennent de l'ADP. Durant les deux années où l'ADP a été au pouvoir, cette politique de fermeture du pouvoir et de rejet de l'autre n'a pas eu cours et les gouvernants ont été à l'écoute des gouvernés.
C'est pour cette raison, notamment, que Stan demande l'avis des Pryans sur son projet de TransPrya. Aussi prometteur que le projet est, comme vous le dîtes, il est inconcevable, pour un membre de l'ADP, de prendre une telle décision sans une large consultation nationale. Aimeriez-vous que demain soit crée à côté de chez vous une ligne à grande vitesse, même si elle est silencieuse, même si elle est écologique, sans que vous ayez été mis au courant ou que vous ayez pu discuter du projet? J'en doute. Il y a une différence entre avoir du mal à assumer les projets, comme vous le dîtes, et vouloir obtenir un consensus mélioratif d'un débat avec nos concitoyens.
Quant au changement de nom, la raison en est simple: l'ADP assume et est fière de son passé. Il n'y a pas à le renier, car, même si la démocratie participative fut un échec, cela reste une expérience louable et qui peut difficilement être condamné. Il me semble difficile d'en vouloir à l'ADP pour avoir voulu mettre tous les citoyens au pouvoir. A contrario, quand le MIP a changé de nom pour devenir le MLP, c'est parce que ce parti avait honte de son héritage dictatorial Kokien, ce qui s'avère difficilement comparable avec l'ADP.
Pourtant, c'est bien le rôle des députés de faire entendre la voix des pryans au Parlement. Ils sont les représentants du peuple. L'ADP semble avoir des difficultés à revenir à un régime plus traditionnel et n'arrive pas à se passer de l'avis direct des pryans. Est-ce un déficit de confiance ? Par ailleurs, le gouvernement vient de lancer une commission liée à l'économie ("usure"), c'est bien une idée de l'ADP, le pouvoir ne semble donc pas si renfrogné aux idées de l'opposition, non ?
C'est le rôle effectivement des députés. Pour autant, les députés, ces derniers temps, ont-ils rempli ce rôle récemment? Même si ces derniers temps, l'activité à l'Assemblée a un peu reprise, c'était loin d'être le cas il y a quelques mois. Pour autant, les Pryans étaient-ils constamment autant endormis que leurs représentants? Je ne pense pas. Les députés ont globalement failli dans ce rôle de représentation.
Il y a, par ailleurs, un paradoxe dans votre question. Vous me dîtes que les députés sont la voix des Pryans et que l'ADP ne doit plus demander l'avis des Pryans. Mais n'est-ce pas la même chose? Comment être la voix des Pryans si on ne leur demande pas l'avis des Pryans? L'ADP veut réellement représenter les citoyens Pryans et ça, ça implique de les écouter. L'ADP veut mettre fin à cette politique à la papa du MEDEP, coupée des citoyens et n'écoutant qu'eux-mêmes. Si vous estimez qu'il s'agit là d'un manque de confiance, soit! Moi j'y vois un respect des Pryans.
Quant à la Commission liée à l'économie, je suis reconnaissant à Monsieur de Fortia d'avoir lancé ce projet basé sur une idée de l'ADP. Je rappelle toutefois que Monsieur de Fortia n'est pas membre du MEDEP qui a intérêt, de son côté, à ne voir aucune idée de l'ADP mise en place. Ils ont peur que l'ADP se montre plus actif que le MEDEP, alors que c'est ce dernier qui est au pouvoir.
Ne nous attardons pas plus sur ces points, nous en avons beaucoup d’autres à aborder. Le MEDEP est au pouvoir. Cependant, le MEDEP compte deux Ministres (Morton et Dollard) et l’ADP un (Camelinni) Votre parti est donc également en partie aux responsabilités. Vous désolidarisez-vous du gouvernement ? Comment jugez-vous son action d’ailleurs ?
Il est vrai que cette situation est inédite: être dans l'opposition et avoir un membre au sein du gouvernement. Stan et moi avons discuté de son poste lors de ma reprise de l'ADP. Nous avons discuté d'une éventuelle démission de sa part, puisque, comme vous le soulignez, il était paradoxal d'être, à la fois, au gouvernement et se déclarer parti d'opposition. Cependant, nous sommes tombés d'accord sur le fait que l'intérêt général, celui de Prya, dépassait de loin une relative politique politicienne de l'ADP. Ainsi, il a été décidé que l'ADP ne critiquerait pas ou ne saluerait pas le travail de Stan Camelinni qui, à l'issue du mandat de Max Morton, fera lui-même son auto-critique. Ce sera à lui de juger de son action et non à un membre de l'ADP qui n'a pu voir, de l'intérieur, l'action gouvernementale.
Concernant le gouvernement en lui-même, il est dommage de voir dans quelle inaction il a été réduit. Lors de son élection, Max Morton nous avait présenté un certain nombre de projets et, on peut le dire, une certaine ambition pour Prya. Mais la majorité des projets qu'avait entériné la population Pryanne en élisant Max Morton n'ont pas vu le jour. Le projet de réforme de l'Université en est le parfait exemple: Max Morton a un projet déjà bien avancé, Julio de Fortia et moi-même avons, en partie, collaboré à ce projet et, pourtant, plus d'un mois après qu'on m'ait présenté ce projet, il n'y a plus aucune nouvelle. C'est symptomatique de l'état actuel du gouvernement et de ses prédécesseurs: durant ses deux mandats, Mac Dollard s'est contenté de gérer le pays et n'a lancé que très peu de réformes. C'est toujours le cas sous Max Morton, où les réformes sont au point mort et l'Etat est géré au jour le jour, sans vision d'avenir. Pour conclure, je dirais donc de l'action gouvernementale que les intentions étaient bonnes et que leur réalisation est mauvaise.
N’est-il pas gênant que Stan Camelinni ait fait son retour à l’ADP sur la pointe des pieds ? Aviez-vous peur des conséquences politique de ce retour au bercail ?
Comme je vous l'ai dit, cet état de fait met l'ADP dans une position inédite, à cheval entre opposition et gouvernement. Néanmoins, comme l'a montré Stan depuis ma reprise de l'ADP, il a su faire la part des choses et ne pas mélanger son appartenance au gouvernement et à l'ADP; il n'a pas utilisé sa fonction de Ministre des Affaires Etrangères pour mettre en place des projets de l'ADP et il n'a pas fait office de "taupe" de l'ADP au sein du gouvernement.
Rentrons dans le vif du sujet politique. Lors de votre seconde conférence de presse, vous citiez quelques-unes unes des personnalités qui ont marqué l’ADP. Parmi elles, on ne retrouve pas Max Morton qui a pourtant longtemps été un leader incontournable de ce parti. Pourquoi ? Simple langue de bois ?
Je ne sais pas si c'est de la langue de bois. La liste des personnalités que j'ai cité rassemblait l'ensemble des membres de l'ADP qui ont occupé la magistrature suprême de l'Etat Pryan, liste à laquelle j'ai ajouté Christophe Pugistyle pour l'ensemble de son oeuvre, évidemment. J'avais volontairement écarté Monsieur Morton du fait qu'il avait lui-même choisi un chemin qui n'était plus celui de l'ADP. Je ne voulais nullement l'associer à nouveau à l'ADP, alors que lui-même avait déclaré ne plus vouloir y être mêlé. Ce n'était donc pas une volonté politique, mais juste un respect de ce qu'il m'a semblé être son souhait. Si je l'ai choqué, je m'en excuse.
Mais Martin Dutois, que vous avez cité, a également rejeté l'ADP qu'il ne reconnait plus. Il avait même déclaré qu'il fallait "se méfier de l'ADP"...
J'ignorais qu'il avait tenu de tels propos. Dans quel contexte a-t-il déclaré cela ?
Dans une interview à La Gazette de Kaora... heu... [cherchant dans ses notes]... numéro... 25. Venons-en sur le fond. Parmi les propositions de votre parti, il y a les réfections des bâtiments. Imaginons que vous êtes au pouvoir, comment financez-vous cette mesure ?
Et bien, vous m'apprenez quelque chose. Je relirais ce numéro.
J'imagine que vous évoquez une proposition de l'ADP au niveau national concernant la réfection. Le financement d'une telle mesure est relativement simple. L'Etat Pryan est loin d'être pauvre. Le budget du premier trimestre 2010 le montre bien avec un budget de l'Etat positif avec des recettes supérieures de 17'000P§ aux dépenses. Il y a également la Province de Zantavia qui dispose de presque 100'000P§, alors qu'elle est la Province la moins peuplée de notre pays ou encore des fonds qui sont bloqués dans de nombreuses institutions pour concrétiser des projets qui sont au point mort. L'argent est là, Prya n'en manque pas.
Comme tous les partis politiques, vous avez sorti Zootopia de votre chapeau. Mais quel programme scientifique prévoyez-vous dans ce sens ? Est-ce que la base sous-marine tindalite construite par l’ex-Ministre de la Culture, de la Recherche et de l’Education, Max Morton aurait un rôle à jouer ?
Le projet Zootopia est important pour Prya. Tout comme pour l'Université, il s'agit d'une promesse de Max Morton qui n'a pas vu le jour. Pour l'ADP, la première mission du projet Zootopia sera de lancer un recensement complet de la faune et de la flore Pryanne, comme c'en était le but principal au lancement du projet. En partenariat avec l'Université, une infrastructure sera mise en place permettant à chaque scientifique d'ajouter les végétaux et animaux propres à Prya qu'il a pu trouver sur notre sol. Cet aspect sera également ouvert à tout citoyen qui souhaite y participer. En parallèle, une étude complète sera lancé sur l'état de la Nature Pryanne et, notamment, sur les conséquences de l'urbanisation, car même si Prya se veut écologiste, nous ne pouvons nous cacher derrière ce prétexte pour nier le fait que nous n'avons aucun impact sur notre Nature.
La base sous-marine de Tindali aura donc son rôle à jouer dans ce projet, puisqu'elle sera le lieu privilégié pour que les scientifiques puissent étudier les fonds marins.
Vous parliez également de « délitement du Micromonde. » Avez-vous des idées – hors Union des Nations – à soumettre afin de sauver ce qui peut l’être ?
Malheureusement, il n'y a pas de solutions miracles. Malgré toute la bonne volonté dont nous pourrions faire preuve, nous n'avons qu'une influence très limitée sur la bonne santé des autres micronations. Dans une situation comme celle-là, il convient de faire au mieux pour "sauver les meubles".
Pour se faire, il faut s'ouvrir vers des nations actives avec lesquelles nous n'avons, pour le moment, encore aucun lien. Je pense, notamment, à Nadür ou aux anciennes micronations avec qui nous n'avons plus de lien à l'heure d'aujourd'hui. Dans le cas de Nadür, il faut montrer à cette nouvelle nation qu'elle n'est pas seule. Dans le cas des autres nations, il faut partir du principe que ce n'est pas parce que ces nations ne font plus partie de ce qu'on appelle "Micromonde" qu'elles n'existent plus pour autant. Nous nous sommes conformés à la vision des nations présentes dans l'Archipel du Micromonde. Pour autant, cela ne nous empêche pas de lancer des relations bilatérales avec ces nations.
Comme je l'avais dit, le Micromonde est en plein délitement. Il est temps de penser à l'union et non pas à la désunion. Cela implique une nouvelle politique diplomatique, plus ouverte et plus volontariste.
Abordons donc cette « Union des Nations » que vous défendez. Qu’est-ce qui rassemblerait les membres d’une telle organisation au sein d’un Micromonde qui voit le nationalisme se développer à outrance ?
Tout d'abord, je tiens à préciser que le concept d'Union des Nations a, pour l'instant, été mis en second plan dans le programme de l'ADP. Nous considérons que le premier pas, en terme d'organisations intermicromondiales, doit être la fondation d'une union économique rassemblant l'ensemble des nations partageant avec nous l'outil EcoMicro. Il n'existe presque aucune règle définissant l'économie sous EcoMicro entre les nations qui y participent. Je pense notamment aux taux de change, au calcul de la masse monétaire ou aux échanges entre nations. Le principal but de cette organisation serait donc de donner un cadre commun pour chaque participant à EcoMicro.
Par la suite, si cette union économique est un succès, il conviendra de se poser la question de son élargissement à une union politique.
Vous avez procédé à de multiples charges envers Julio De Fortia que ce soit en sa qualité de Recteur ou de Premier Ministre. Vous avez même dérapé en tenant des propos assez violent sur la très faible activité de son pays d’origine, Fantispa. Etes-vous en mauvais termes avec Julio De Fortia ? Qu’est-ce qu’il vous inspire ? Que retenez-vous de lui ?
Je ne crois pas être en mauvais termes avec Julio de Fortia. Je participe, à son invitation, à la commission sur la rénovation économique, preuve en est que je n'ai rien contre lui et vice-versa.
Dans l’ensemble de vos propos issus de vos conférences de presse, il s’avère que vous souhaitez mettre en avant l’obligation de résultat. N’est-ce pas favorisé la quantité à la qualité notamment dans le domaine Culturel ?
C'est tout à fait exact, le principe que je défends est le suivant: "Quand on promets quelque chose, on le réalise". Ce n'est pas le cas avec la Présidence Morton. Pour autant, je ne suis pas d'accord avec vous, cela ne veut pas dire qu'il faut privilégier la quantité à la qualité. Si Max Morton avait promis des dizaines de réformes et en avaient tout de même réalisé une partie, cela aurait été exact, si j'avais maintenu des critiques identiques. Néanmoins, ce n'est pas le cas, puisque Max Morton avait promis un nombre réduit de réformes et n'en a mis en place aucune. Dès lors, qualité ou quantité, ça n'a pas d'importance quand rien n'a été réalisé.
Parlons de l’Université. Il semblerait que vous avez proposé beaucoup de points que le Président Morton travaillait déjà. Pourtant, on a la sensation que l’ADP tente de s’octroyer la finalité d’un projet qui n’a pas encore été rendu public, est-ce le cas ?
Non, ce n'est absolument pas le cas. Même si Messieurs Morton et de Fortia et moi partageons certaines idées concernant la réforme de l'Université, je ne suis pas en total accord avec l'ensemble du projet voulu par Max Morton. Si ce dernier ne voit pas le jour et que l'ADP a la chance de pouvoir proposer sa propre réforme, elle sera très différente de celle voulue par le Président Morton.
Passons à un tout autre sujet : Il semble que vous soyez favorable à la loi sur les médias. Mais n’avez-vous pas peur du risque du manque d’indépendance, des conflits que celle-ci peut créer comme on a pu le voir en novembre 2008 quand un pryan avait trouvé normal que la Presse soit redevable à l’Etat en raison des deniers que l’Etat verse aux médias ?
La loi sur les médias n'impose rien en matière de contenus. Cette loi impose une seule chose: la publication, au minimum, d'un article ou d'une émission par mois. Même si cet article ou cette émission est profondément opposé aux pouvoirs en place, les primes étatiques devront être versées. Ainsi, il n'y a aucun risque de manque d'indépendance. Si un journaliste souhaite se montrer complaisant avec le pouvoir en place, ce sera son choix rédactionnel.
En matière économique, vous proposez une révolution culturelle, mais tellement logique : la prise en compte de l’usure naturelle de nos bâtiments, véhicules et objets. N’avez-vous cependant pas peur de limiter un peu plus la consommation si celle-ci impose à terme la maintenance des produits achetés ?
A l'heure actuelle, les biens ne subissent aucune usure dans notre système économique. Cela ne pousse absolument pas à consommer de nouveaux objets. Intégrer l'usure des biens ne modifiera en rien la consommation par rapport à ce qu'il existe aujourd'hui. Mieux encore, cette usure permettra qu'un minimum de produits soit consommé, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
Etes-vous partisan de la fameuse « consommation citoyenne » ?
Je n'y suis pas particulièrement favorable. Pour que la consommation citoyenne soit efficace, il faut y introduire une obligation. Cela va en contradiction avec les principes de liberté que défend Prya.
Par contre, je suis partisan de l'implantation d'une "consommation virtuelle" qui serait financée par l'Etat.
Dernière question M. Rowlaixe. L’ADP semble avoir pris un nouveau virage puisqu’elle s’oppose à la doctrine libérale du MLP en préconisant un interventionnisme étatique fort – même si celui-ci doit conduire à des déficits – Est-ce simplement la carotte pour attirer le chaland ? Une simple posture politique pour mettre fin à l’alliance que l’ADP avait fini par nouer avec le défunt MLP ?
Il ne s'agit pas de démagogie et de populisme. J'ai constaté que l'Etat est riche et qu'une majorité des projets proposée par le MLP et, ensuite, par le MEDEP, permettaient d'enrichir les entreprises qui n'en ont pas besoin pour certaines. Il est temps de remettre les citoyens au centre de la vie économique et cela passe par une redistribution des richesses à destination des citoyens.
Avez-vous quelque chose à ajouter ?
Je crois que nous avons fait le tour de nombreux sujets durant cet interview. J'ai bien du mal à trouver un thème qui n'a pas été abordé. Je finirais donc en souhaitant bonne chance aux membres de l'ADP lors des élections qui approchent.
Et bien, il me reste donc à vous remercier M. Rowlaixe pour toutes ces réponses qui passionneront probablement les pryans. J'en profite également pour remercier les équipes techniques de Canal Prya pour l'organisation de cette émission et pour leur accueil. Au revoir.
Au revoir et merci à vous d'avoir joué le jeu, Monsieur Ruffin.
" pour faire comprendre à votre interlocuteur que c'est une blague. Etant donné qu'ils sont incapables de réellement sourire, c'est le seul moyen qu'il existe pour faire comprendre aux Laihaniens que c'est le moment de rire ou que vous trouvez votre blague amusante.